The Handmaid’s Tale : la servante écarlate

Ce mercredi 14 juin sur la chaîne Hulu est diffusé le dernier épisode de la première saison de The Handmaid’s Tale, en français La servante écarlate. Cette série, dystopique, adaptée du roman de Margaret Atwood, suit le quotidien terrifiant de June, baptisée Offred par ses oppresseurs. Dans une société où la population est stérile, les femmes fertiles ont été kidnappées pour enfanter la nouvelle génération des dirigeants. On les appelle les servantes et Offred est l’une d’entre elles. À voir absolument. 

C’est sa voix qui résonne à chaque épisode. Son quotidien terrible qu’elle partage avec nous, spectateurs, aussi terrifiés qu’elle de ce nouveau monde, baptisé Gilead. Pourtant malgré les peines et les souffrances, l’héroïne maîtrise encore l’ironie et l’humour. Il est indispensable de conter brièvement son histoire : June (interprétée par la brillante Elisabeth Moss, découverte dans Mad Men) et son amoureux Luke (O.T. Fagbenle), donnent naissance à la petite Hannah. Une chose rare dans cette société futuriste, devenue stérile à cause de la pollution.

Quelques flashbacks viennent ponctuer le récit de June, permettant de comprendre les événements qui ont transformé l’Amérique en cauchemar. Un coup d’état, la prise du Parlement, l’interdiction des femmes de travailler, le contrôle total des mœurs, le kidnapping de toutes les femmes fertiles, la purge des médecins et des homosexuels… Progressivement, les lois se multiplient et la dictature s’installe. C’est lors d’une fuite à trois que June et Hannah, âgée de 5 ou 6 ans, se font prendre. Elles essayaient de rejoindre le Canada avec Luke. Séparée de sa fille, la jeune femme est envoyée dans un centre avec d’autres futures mères, auprès d’une instructrice, cruelle mais maternante : la Tante Lydia (excellente Ann Dowd, déjà vue dans The Leftovers et dans la dernière saison de Girls). Les femmes arrachées à leur foyer y apprennent la discipline, l’obéissance, la soumission, le caractère sacré de leur rôle en même temps que la bassesse de leur situation.

Quand l’on découvre June au premier épisode, elle en est sorti et réside désormais comme servante auprès du commandant Waterford (Joseph Fiennes) et de sa femme Serena (Yvonne Strahovsky). Désormais appelée Offred, elle accomplit son devoir de servante, violée par le maître dans les cuisses de son épouse. La mise en scène est particulièrement brillante durant ces scènes insoutenables, baptisées les « cérémonies ». Les nouveaux dirigeants, obsédés par la perpétuation de l’espèce, ont instauré ce rituel, filmé d’abord en gros plan sur le visage de la servante. Puis, la caméra se dirige vers le poignet tenu fermement par l’épouse, puis sur son visage à elle, détournant le regard. Le malaise est palpable devant ces deux femmes, deux facettes de la domination masculine. Un nouvel ordre est établi.

L’adaptation par Reed Morano et Bruce Miller du roman de 1985 de Margaret Atwood, est donc très brutale mais colorée. Pour les servantes, le rouge domine, de la tête au pied, pour cacher leur identité et les fondre dans le groupe. Les épouses, elles, sont toutes de vert vêtues, couleur de l’espoir : elles ne font qu’attendre la venue d’un enfant, porté par une autre. Les hommes, quant à eux, se parent de costumes noirs et sobres. Le mécanisme de domination de cette nouvelle société se retrouve jusque dans les couleurs. Évidemment, The Handmaid’s Tale dit beaucoup du statut des femmes et de la fragilité de leurs droits. La série devient complexe quand les personnages secondaires sont explorés, notamment celui de Selena. Sa position est ambivalente : elle a choisi cette nouvelle répartition des rôles et semble assumer son statut de simple épouse mais pourtant, elle peine à supporter le viol de sa servante…

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.

Ces droits ne seront jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes toute votre vie durant. »

Simone de Beauvoir

La cérémonie : le viol de la servante par le commandant, sous le nez de l'épouse. The Handmaid's Tales créé le malaise. © George Kraychyk/Hulu
La cérémonie : le viol de la servante par le commandant, sous le nez de l’épouse. The Handmaid’s Tale créé le malaise. © George Kraychyk/Hulu
Publicités

5 commentaires sur « The Handmaid’s Tale : la servante écarlate »

  1. Je n’ai regardé que le premier épisode mais il faut avouer que, niveau malaise, il se posait là tranquillement. Je n’ai pas pris le temps de la continuer (j’avais la saison 2 de Sense8 en cours, entre autres) mais je pense que je la terminerai au cours de l’été.
    Par contre, cela m’a rendu curieuse de lire le livre dont elle est adapté (peut-être même avant de reprendre la série)…. Tu l’as lu ?

    P.S. : Par contre, c’est triste à dire mais j’ai vraiment, VRAIMENT, beaucoup de mal avec l’actrice principale (Offred) et sa « maîtresse » (jouée par l’ex-copine de Dexter, que je pouvais déjà pas encadrer à l’époque)(ça part mal, ahah).

    Aimé par 1 personne

  2. Je n’ai vu que le premier épisode pour le moment qui m’avait totalement marqué, pour ça que je n’ai pas continué encore, et puis j’aime quand tous les épisodes sont sortis, comme ça je ne suis pas obligée d’attendre. Ayant lu aussi le livre qui m’avait bouleversé, je trouve que la série lui est totalement fidèle et ça c’est quand même un super point !

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s