La revue ciné de mai

Le mois de mai écoulé n’a pas vraiment apporté de belles surprises de cinéma… Deux comédies françaises se sont distinguées mais pourtant c’est le nouveau Ozon qui décroche la troisième marche du classement. En haut du podium, les deux films qui se partagent la 1e et 2e place, brillent par leur pertinence. Explications dans le bilan cinéma, composé à quatre mains.

Notre top 3

1 – I Am Not Your Negro de Raoul Peck

À l’ombre du militantisme antiraciste de Malcom X et de Martin Luther King, l’œuvre et le combat du charismatique James Baldwin n’ont jamais eu la chance d’être portés à l’écran. C’est désormais chose faite grâce à Raoul Peck et son formidable documentaire. Contournant l’exercice hagiographique, le réalisateur ravive les plus beaux textes de l’écrivain afro-américain et les met au service d’un propos héroïque et et malheureusement encore d’actualité. Les archives des interventions médiatiques de Baldwin entrent en écho avec les grandes heures de l’Amérique contemporaine, de l’élection de Barack Obama aux récentes bavures policières. Qu’elles soient violentes, systémiques ou latentes, les inégalités sociales et raciales trouvent ici leur plus grande contre-argumentation. Le résultat, tour à tour touchant et révoltant, brille par sa pertinence et frappe par son constat pessimiste. À voir d’urgence.

2 – Get Out de Jordan Peele

Lui est noir, elle blanche et le moment est venu de rencontrer ses beaux-parents. Non sans appréhension (« Tu leur a dis que j’étais noir ?« ), Chris (Daniel Kaluuya) part donc le temps d’un week-end chez la famille de Rose (Allison Williams), une famille blanche, qu’elle présente comme des démocrates très ouverts (« Mon père aurait voulu voter Obama une troisième fois« ). Get Out prend rapidement une tournure angoissante autour du héros, peu à peu pris au piège, sans que l’on sache exactement de quoi… Habilement mis en scène, le film alterne humour, cynisme et horreur. Rien d’étonnant à ce que ce soit l’humoriste Jordan Peele à la réalisation. Le suspens reste intact jusqu’au dénouement final un peu grotesque, mais libérateur. On parie que Get Out restera dans les mémoires les jours suivants la projection … 

3 – L’amant double de François Ozon

Dans ses films, Francois Ozon distille toujours du mystère en bousculant les consciences. Dans L’Amant Double, Marine Vacht (révélée par le réalisateur dans Jeune et jolie) incarne une jeune femme fragile en proie à de violents maux de ventre. Pour la soigner, elle décide de consulter le psychologue Paul Meyer (Jérémie Renier, très charismatique). À ses côtés, elle va s’épanouir mais bientôt il interrompt la thérapie : il éprouve des sentiments pour Chloé. Le couple se forme alors et s’installe ensemble. Un jour, elle aperçoit Paul là où il ne devait pas être. Paul nie mais le doute prend place chez la jeune femme… François Ozon s’engouffre dans la thématique du double avec beaucoup d’habileté. Dans ce thriller très sensuel – les scènes de sexe entre les deux héros sont nombreuses-, le suspense est palpable. Qui sont vraiment les héros ? Quelle est la vérité et le fantasme ? À travers une mise en scène virtuose et une utilisation très maligne des décors (œuvres d’art du palais de Tokyo, reflets des miroirs…), le réalisateur se joue du spectateur et de son héroïne, piégée entre deux hommes. 

 Notre flop 3

1 – Les fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin

Un réalisateur un peu barjo reçoit la visite surprise de sa femme disparue 20 ans auparavant. Carlotta (Marion Cotillard) réapparaît dans la vie d’Ismael (Mathieu Amalric) dans le but évident de le reconquérir. Pourtant, il partage sa vie avec Sylvia (Charlotte Gainsbourg) depuis deux ans. Que va-t-il décider ? En parallèle, il y a l’histoire fantasmée de son frère Ivan Dedalus, espion diplomate (Louis Garrel) sur lequel il réalise son nouveau film. Mais de quoi est-il question dans Les Fantômes d’Ismaël ? On ne saurait le dire tellement le film est ennuyeux. Pour ceux qui réussissent à ne pas s’endormir, accrochez-vous car le film de Desplechin est un nauséabond délire intellectuel, tellement éloigné de nos réalités et de nos vies qu’il pourrait être un film de science-fiction. 

2 – Alien : Covenant de Ridley Scott

Si Prometheus avait divisé le public et la critique en 2012, Alien : Covenant tente maladroitement de concilier l’ambition de son prédécesseur et de revenir aux sources de la saga.  À bord du vaisseau Covenant, un équipage de scientifiques a pour mission de trouver une exoplanète favorable à l’implantation d’une nouvelle colonie. Lors d’une violente tempête stellaire, les protagonistes interceptent une mystérieuse transmission et décident de remonter à sa source. Le petit groupe découvre alors une planète inconnue qui révèle peu à peu les pires monstruosités. À l’image de son synopsis, le long-métrage de Ridley Scott souffre d’un cruel manque d’audace et de nouveautés. Ses nombreux personnages, cloués au pilori, peinent à embarquer le spectateur dans les horreurs qu’ils subissent. Seul le double rôle de Michael Fassbender occupe une place de choix dans cette aventure essoufflée. La réflexion théologique et philosophique entamée par Prometheus se retrouve noyée sous un amas de scènes grossières. De manière déplorable, Ridley Scott déconstruit l’univers anxiogène qu’il avait brillamment porté à l’écran en 1979.

3 – Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur de Guy Ritchie

Si le talent de Guy Ritchie ne vous laisse pas indifférent, Le Roi Arthur pourrait attirer votre attention. De la à vous plaire, ce serait vite présager. Le réalisateur britannique dénature la légende arthurienne en la transposant dans un monde imaginaire teinté d’héroïc fantasy et inspiré du Seigneur des Anneaux. Quand les parents d’Arthur (Charlie Hunnam) sont tués par l’affreux oncle Vortigen (Jude Law), le voilà alors entraîné, tel Moïse, sur la Tamise, vers la ville de Londres dans un bordel. Les années passent et Arthur s’impose dans le quartier comme le petit voyou au grand coeur, manteau de fourrure et gang fidèle à ses côtés. Le reste de l’histoire, on la connaît : après avoir retiré Excalibur du rocher, il va se venger et récupérer le trône de Camelot. En chemin, il va rencontrer une mage amie des animaux, tester ses limites sur une île magique et combattre les méchants aux côtés de son maître samouraï. Côté réalisation, Guy Ritchie use et abuse des effets : ralentis, plans façon go pro, montage nerveux et bavardages à rallonge. Le résultat est un peu écœurant.

 Les autres sorties du mois

Emily Dickinson, A Quiet Passion de Terence Davies

A de rares exceptions, les américains s’immiscent peu dans les films à costume. Dernièrement, Whit Stillman revoyait avec réussite le roman épistolaire de Jane Austen, Lady Susan. Dans Emily Dickinson, A Quiet Passion situé à la même période, c’est le destin de cette poétesse du Massachusetts qui intéresse le réalisateur Terence Davies. Pour interpréter cette femme incomprise (7 poèmes publiés seulement de son vivant, près de 800 après), Cynthia Nixon s’en sort honorablement. Plus connu pour déambuler dans les bars new-yorkais dans Sex and the City, l’actrice prête à son personnage sa rousseur et sa fragilité, ainsi qu’un jeu très affecté. Emily Dickinson est une anti-conformiste, anti-cléricale et éternelle célibataire, qui s’exprime par la poésie. Ces œuvres, justement, ponctuent le film par des citations, parfois difficiles à appréhender, dans une volonté d’être au plus proche de l’auteur. De cette quête de vérité découle un film profondément austère et glauque, particulièrement dans les scènes de maladie et de mort. Quelques scènes familiales où l’audace et l’humour d’Emily sont au sommet, viennent casser cette monotonie. Pourtant l’ensemble reste à l’image de la vie de la poétesse, rigide et tourmentée. 

Problemos de Eric Judor

Jeanne (Célia Rosich),  Victor (Eric Judor) et leur fille décident de passer une semaine dans un camp de zadistes. L’occasion pour l’humoriste et les deux scénaristes (Noé Debré et Banche Gardin) de s’attaquer plus ou moins finement à tous les clichés sur ces hippies roots : épilation, amour libre, non-propriété, droit des animaux… Mais arrivé au premier tiers du film, Problemos prend une direction inattendue avec la découverte de la pandémie, ayant décimé la population hors du camp. Bientôt, les idéaux du vivre ensemble volent en éclat et les vraies natures de chacun se révèlent. Bien sûr, Judor se sert toujours des stéréotypes, en les retournant justement. Il provoque le rire jaune et arrive ses fins : réaliser une fable plutôt intelligente mais résolument pessimiste. Une surprise qui élève le film en une satire sombre et loufoque.

Sayônara de Kôji Fukada

Récompensé à Cannes en 2016 pour Harmonium, le réalisateur japonais surprend avec ce drame d’anticipation, adapté d’une pièce de théâtre mettant en scène un vrai robot. Dans un Japon post-apocalyptique, Tania (Byerly Long), une Sud-africaine, vit recluse avec son robot humanoïde Leona (Geminoid F). Lorsque plusieurs centrales nucléaires explosent, la population doit être évacuée d’urgence. Mais Tania, malade, doit encore attendre sa prise en charge. Peu à peu délaissés par leurs proche entourage, les deux personnages vont assister à la disparition d’un pays. Kôji Fukada signe une œuvre d’une grande beauté. Sa mise en scène minimaliste ne parasite jamais le tragique d’une histoire où les héroïnes se confondent progressivement. Fascinantes, celles-ci renvoient alors le spectateur à sa propre humanité. Une expérience déstabilisante mais unique.

Message from the King  de Fabrice du Welz

Pour son premier long-métrage en terres américaines, Fabrice Du Welz délaisse l’horreur et la singularité de ses premières œuvres pour un film de commande où un homme meurtri laisse éclater sa fureur. Incarné par Chadwick Boseman,  Jacob débarque à Los Angeles et tente désespérément de retrouver sa sœur Bianca. Celle-ci est malheureusement morte dans des circonstances aussi étranges que violentes. Le héros se lance alors dans la traque de ses meurtriers…De son pitch balisé à son ambiance poisseuse, Message from the King rappelle les films de vengeance des années 70. Formellement classique et cousu de fil blanc, le film mise sur l’efficacité de son scénario au détriment de ses personnages souvent stéréotypés. Ne reste alors que quelques fulgurances et une réalisation humble qui font de cette quête de justice, un objet filmique honorable.

Rodin de Jacques Doillon

D’un premier abord, le nouveau film de Jacques Doillon s’apparente à un biopic des plus classiques. En apparence seulement. Toujours intrépide, le cinéaste s’empare des codes du genre pour y livrer un portrait austère mais grandement ambigu. Rodin évacue l’explicite et se love dans l’allusif et l’ellipse. Débutant en 1880 lorsque Auguste Rodin reçoit sa première commande de l’État, La Porte de L’enfer, le long-métrage nous prive de l’enfance du sculpteur et de sa rencontre avec la jeune et impétueuse Camille Claudel. Admirablement interprété par Vincent Lindon, l’artiste tombe amoureux de son élève alors qu’il partage déjà une partie de sa vie avec Rose, sa fidèle compagne. La passion naît, engendrant son lot de bonheurs et de tourments. N’étant pas reconnue pour son talent, Claudel se révolte. À cette fracture, Doillon n’appose aucun jugement moral. Chaque personnage de ce triangle amoureux est filmé dans toute sa complexité. Ni aimable ni détestable, ce beau portrait d’artiste s’affaire surtout à placer l’œuvre (à savoir la sculpture) au cœur de son propos et de son image. Une démarche parfois éprouvante mais dont la cause est noble.

Drôle d’oiseaux de Élise Girard

Six ans après son étonnant Belleville Tokyo, la réalisatrice française suit l’arrivée de Mavie (Lolita Chammah) à Paris. Cette passionnée d’écriture passe ses journées et ses nuits, seule, pour fuir les bruyants ébats de son amie, qui l’héberge. Lors de ses pérégrinations nocturnes, elle assiste à d’étranges chutes d’oiseaux. Un jour, elle répond à une annonce offrant un toit en échange de quelques heures dans une librairie. Elle rencontre alors Georges (Jean Sorel), le propriétaire aussi rustre que charmant. Aussi mystérieux que généreux. Ces « drôles d’oiseaux » vont alors nouer une relation aimante et spirituelle. Porté par un duo d’acteurs impeccables, ce petit film dégage un charme presque désuet et prend un malin plaisir à mêler le loufoque à la mélancolie. À l’image d’une ville de Paris truffée de bizarreries inexplicables. De cette rencontre amoureuse, il en résulte un objet atypique mais toujours plaisant à suivre.

Marie-Francine, de Valérie Lemercier

À 50 ans, Marie-Francine (Valérie Lemercier) se fait plaquer par son mari (Denis Podalydès) et perd son travail. Elle se retrouve obligée de retourner vivre chez ses parents (Hélène Vincent et Philippe Laudenbach), assez peu compréhensifs et plutôt décidés à lui trouver un nouveau compagnon.  Les aléas de la vie mettent sur son chemin Miguel (Patrick Timsit), cuisinier attachant  dont la femme l’a quitté pour une autre, l’obligeant à retourner vivre … chez ses parents. Le film devient alors une comédie romantique portée par les deux héros, amoureux comme deux adolescents. On sourit de leur adorable jeu de séduction, un peu contrarié par leur nouvelle situation familiale. L’humour est souvent au rendez-vous, gras quand on ne l’attend pas, mais parfois plus touchant, notamment lorsque Marie-Francine et sa jumelle bourgeoise Marie-Noëlle (délicieusement incarnée par Lemercier) reprennent avec leur mère le tube de Sylvie Vartan, L’Amour, c’est comme une cigarette. D’ailleurs, les chansons populaires (d’Aznavour à Moustaki) sont de toutes les scènes et de tous les rebondissements. L’actrice/réalisatrice en use et en abuse mais le résultat est étonnamment drôle et joyeux. Belle surprise.

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8 commentaires sur « La revue ciné de mai »

  1. Bonjour Camille
    Le dernier Desplechin a divisé la critique. Schématiquement, il y a ceux qui ont aimé et ceux, au contraire, qui font un rejet de ce film. Je fais partie de la première catégorie. Il est vrai que Les fantômes d’Ismaël n’est pas un film qui se livre, c’est au spectateur de forcer la porte d’entrée. Les accents Bergmaniens pris par Desplechin me plaisent beaucoup. Le film est porté par son trio d’acteurs principal : l’habitué et toujours excellent Mathieu Amalric mais il faut accepter son « air clochard », Marion Cottillard convaincante et Charlotte Gainsbourg qui, pour sa première collaboration avec Desplechin, trouve sa place dans le microcosme fantasmé du cinéaste. Nul doute qu’on la reverra à l’avenir sous la direction du metteur en scène . J’ai chroniqué Les fantômes d’Ismaël sur mon blog et livre quelques pistes de lecture.
    Il existe deux versions du film. La version courte est celle que j’ai vu et qui a été présentée à Cannes. J’attends avec impatience la version longue qui est celle revendiquée par le cinéaste et qui devrait faire l’objet de la distribution en DVD/BR.

    Aimé par 3 people

  2. Je valide complètement le top 3, d’autant que les deux premiers de la liste se rejoignent sur la problématique de la place de la communauté noire dans l’Amérique d’aujourd’hui, les écrits de Baldwin apportant un éclairage particuliers aux mésaventures de Chris chez ces notables de l’Alabama.
    Sur « l’amant double », je suis plus réservé, mais j’aime tellement Ozon que je lui reconnais volontiers son immense talent même quand il se lâche un peu trop.
    Côté Flop, je me suis fait porter pâle à la Table Ronde et je crois que bien m’en a pris. Par contre, je me suis laissé convaincre de monter dans le vaisseau Covenant et j’avoue avoir été bien déçu du voyage. Quant au Desplechin, autre brillant cinéaste hexagonal, je n’ai pas trouvé le temps d’aller le découvrir en salle, comme la plupart des autres films cités dans le ventre mou de ce mois de mai. Rodin me tente bien, Lemercier ou Judor pourquoi pas, histoire de profiter d’un film un peu plus léger qu’à l’ordinaire.

    Aimé par 2 people

  3. « I am not your negro » est absolument EPOUSTOUFLANT. Pour moi le moment le plus fort (même s’il est difficile de dire ça) est lorsqu’un journaliste demande à Baldwin : « êtes-vous optimiste ? », il répond de façon sublime (qui a eu l’effet d’un électrochoc pour moi), « je ne peux être qu’optimiste puisque je suis vivant ». Wouah.
    Ce film entre documentaire, fiction, biographie, devrait être obligatoire. Je crois que les mots ne sont pas assez puissant pour exprimer ce que j’ai pu ressentir. Je peux simplement dire : INDISPENSABLE !

    Aimé par 3 people

  4. Marie-Francine m’a agréablement surprise, alors que je m’attendais à une grosse daubasse. Quelle fraîcheur dans la comédie française actuelle! 😀
    Par contre, L’Amant Double, j’ai détesté comme c’est pas permis…

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    1. Marie-Francine me faisait peur aussi… Je craignais la comédie populaire lourdingue, mais j’ai trouvé ça très tendre et drôle !
      L’Amant Double, c’est le genre de films sur lequel on a un avis tranché je pense. Soit ça passe ou on déteste. J’attends l’année prochaine pour le nouveau Ozon car celui-ci n’est tout de même pas mon préféré..

      Aimé par 2 people

  5. J’aime bien l’univers un peu inquiétant d’Ozon mais je n’ai pas osé aller voir L’Amant double…
    Quant aux fantômes d’Ismaël, j’ai trouvé qu’il y avait bcp de choses à creuser sur l’art et le cinéma entre autres, mais effectivement, quand il y a trop à penser, le risque de perdre le spectateur est important. J’ai toutefois relevé de jolies formules. J’en ai aussi proposé une chronique sur mon blog.

    Aimé par 1 personne

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