Master of None : une brillante saison 2 entre l’Italie et New York

Dans la continuité de la saison 1, brillante et inventive, Master of None revient sur Netflix avec 10 nouveaux épisodes toujours aussi intelligents. Aziz Ansari, le créateur, y incarne Dev, le héros, une sorte de double de fiction, embarqué dans les aventures de la vie quotidienne. Le comédien tape dans le mille avec cette saison 2, entre les paysages bucoliques de l’Italie et les gratte-ciels de New-York. Immanquable. 

Alors qu’il draguait une jeune britannique en vacances à Modène, Dev (Aziz Ansari) se fait voler son portable. Après une rapide course poursuite, le héros joue les détectives, accompagné d’un gosse haut en couleur, bavard et débrouillard. Le voleur de bicyclette de Vittorio De Sica devient alors le voleur de smartphone, et, comme dans le film néoréaliste de 1948, les deux personnages ruminent sur le trottoir l’impunité du voleur. Hommage au cinéma italien, le premier épisode de la saison 1 se paie même l’audace d’une réalisation en noir et blanc, comme les chefs-d’œuvre de l’époque.

L’épisode suivant, c’est toujours avec son accent surjoué et enthousiaste que Dev poursuit sa quête de la dolce vita avec son ami Arnold (Eric Wareheim), venu assister au mariage de son ex. Entre deux plats de pâtes et de vidéos sur Snap, les deux copains se retrouvent en plein théâtre de l’absurde. Une voiture coincée dans une petite ruelle italienne, ou encore la ressemblance frappante d’Arnold avec l’époux de son ex-copine provoquent l’hilarité et plongent Master of None dans une douce comédie dramatique, aussi drôle qu’émouvante.

Aziz Ansari rend hommage au cinéma italien dans la saison 2 de Master of None, ici, un clin d'oeil au Voleur de bicyclettes © Netflix
Aziz Ansari rend hommage au cinéma italien dans la saison 2 de Master of None, ici, un clin d’oeil au Voleur de bicyclettes © Netflix

Après cet interlude italien, l’une des réussites de cette saison, Dev retourne à New York et reprend le fil de sa vie en décrochant l’animation de Clash of Cupcakes, un show tv de cuisine très contemporain. Dès lors, Master of None reprend une narration par thématiques qui avait fait son succès l’année précédente. Aziz Ansari aborde de nouveaux aspects de notre vie moderne. Après le racisme ordinaire, notre rapport aux parents ou encore nos problèmes de communication, thématiques développées dans la 1ère saison, le comédien s’attaque aux applis de dating, à la religion et à l’homosexualité, toujours autour d’un même prisme : la nourriture et le moment du repas. Pour le premier, Dev invite inlassablement ses futures conquêtes dans un bar à vin new-yorkais ; dans l’épisode Religion, la distance de certains jeunes envers la religion est illustrée par le goût de Dev pour le porc, et enfin c’est le dîner de Thanksgiving qui est le théâtre des émotions de la famille de Denise, ayant du mal à accepter son homosexualité. Dans cet épisode au sommet, le plus intime et le plus émouvant, Aziz Ansari dévoile avec beaucoup d’humour la relation qui le lit à son amie d’enfance.

Dev (Aziz Ansari) succombe au charme de la belle italienne Francesca (Alessandra Mastronardi) © Netflix
Dev (Aziz Ansari) succombe au charme de la belle italienne Francesca (Alessandra Mastronardi) © Netflix

S’affranchissant pourtant un peu de sa narration, Aziz Ansari accorde à son héros une histoire d’amour compliquée avec une jeune femme fiancée, Francesca (Alessandra Mastronardi). Au fil de son inspiration, le créateur de la série passe du format court (21 minutes) au long (57 minutes), lors d’un épisode hivernal dans lequel culmine le désir des deux héros. Avec un réalisme à la fois dramatique et poétique, il dépeint parfaitement le quotidien d’une population jeune et new-yorkaise, dont il pourrait être le porte-parole, à l’instar de Lena Dunham, qui avait ouvert la voix avec Girls. Master of None ne manque jamais de subtilité pour décrire les moindres gestes et habitudes du monde moderne, et c’est, pour cela, une brillante réussite.

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3 commentaires sur « Master of None : une brillante saison 2 entre l’Italie et New York »

  1. J’ai commencé à regarde cette saison 2 aussi, plus par curiosité qu’autre chose (j’avais bien aimé la première mais sans plus). Jusque là, j’ai dû voir 5 ou 6 épisodes mais je dois avouer qu’aussi enthousiaste que j’ai pu l’être pendant les 2 premiers en Italie, j’ai tendance à un peu me lasser depuis que Dev est revenu à New-York. A voir si ça va se relancer. 🙂
    Oh par contre, j’ai adoré cet épisode où l’on passe de personnages en personnages, très sympa. Et l’idée de couper tout son pendant l’arc sur la jeune femme sourde, particulier à vivre mais en même temps vachement bien ! 😀
    Cette série, ça reste quand même une bonne surprise. D’ailleurs, si tu n’as pas vu les spectacles d’Aziz Ansari, je te les recommande, ils sont sur Netflix aussi. 🙂
    (j’adorerais qu’ils ajoutent « Parks & Recreation » d’ailleurs… :3)

    Aimé par 2 people

    1. J’ai beaucoup aimé également l’épisode avant les différents personnages qui se croisent pour finir au cinéma devant un film. Ça casse justement la narration et ça permet de ne pas se lasser du héros.
      (évidemment, il faut rajouter parks, c’est la meilleure série du monde. en tout cas elle est première à mon classement^^)

      Aimé par 1 personne

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