Life : le 7e passager

Life, sous titré chez nous « Origine inconnue » se place sur les traces de Ridley Scott et de son Alien. Le réalisateur reprend les codes de la science-fiction et des films dans l’espace mais y distille quelques touches personnelles. En témoigne la scène finale, loin des récits habituels et affirmant sa singularité. Dans l’ensemble, le long-métrage de Daniel Espinosa est bien mené, continuellement sous tension grâce au sadisme de la créature extraterrestre, bien décidée à en finir avec chaque héros. En salles depuis le 19 avril.

Ils sont six membres d’équipage à bord de l’ISS, la Station Spatiale Internationale. Tous sont docteurs, scientifiques ou astronautes, sous les ordres de la commandante Golovnika (Olga Dihovichnaya). Leur mission ? Ramener sur Terre, la preuve d’une vie extraterrestre. L’enthousiasme est contagieux lorsque l’équipe intercepte les échantillons tant attendus, provenant de Mars. Au contact du scientifique Hugh Derry (Ariyon Bakare), quelques cellules vivantes se muent en un organisme réceptif et intelligent. S’il prend d’abord les formes d’une inoffensive fleur, c’est bientôt une créature sanguinaire qui prend possession du vaisseau, grandissant au fur et à mesure de ses crimes.

Face à face entre Rory (Ryan Reynolds) et David (Jake Gyllenhaal)© 2017 Sony Pictures Releasing GmbH
Face à face entre Rory (Ryan Reynolds) et David (Jake Gyllenhaal) © 2017 Sony Pictures Releasing GmbH

Côté angoisse, pendant plus d’une heure et demi, Daniel Espinosa ne relâche pas la pression, ni sur ses personnages, ni sur les spectateurs. Après la première manifestation de violence de l’extraterrestre (baptisé Calvin), la mort s’invite dans le vaisseau. Cette scène de crime, perpétrée par une sorte d’alien biologique, plus proche de la plante que du monstre, est gore à souhait. Pourtant le plus effrayant est sans doute la passivité des autres passagers à l’égard de la victime. Derrière la vitre de protection du laboratoire, les 5 astronautes regardent leur ami et collègue disparaître de façon atroce. À partir de là, Life, dont la première demi-heure se concentrait sur la vie de l’équipage, de manière hyper réaliste, devient un film d’horreur en huis clos, concentré sur les 5 personnages restants.

Le Docteur Miranda North (Rebecca Ferguson) est en charge de la sécurité à bord de la Station Spatiale © 2017 Sony Pictures Releasing GmbH
Le Docteur Miranda North (Rebecca Ferguson) est en charge de la sécurité à bord de la Station Spatiale © 2017 Sony Pictures Releasing GmbH

Parmi eux se détachent les deux têtes d’affiche, Jake Gyllenhaal et Rebecca Ferguson, interprétant respectivement les docteurs David Jordan et Miranda North. L’acteur américain est aussi talentueux qu’à son habitude ; son rôle s’inscrit dans une filmographie audacieuse et toujours exigeante (Enemy, Nightcall, Nocturnal Animals…). Dans Life,  il incarne un astronaute inhabituel, un solitaire très marqué physiquement, un peu lunaire et détenant le record du monde de jours passés dans l’espace. Avec ce rôle contemplatif, il se démarque de ses collègues, pourtant convaincants. À part Ryan Reynolds, en roue libre, dans une énième variation de son propre rôle, le reste du casting est à la hauteur des espérances.

Sur les traces de ses prédécesseurs (Ridley Scott, John Carpenter ou plus récemment Alfonso Cuaron), Daniel Espinosa se distingue par quelques idées audacieuses. La plus importante est d’avoir mis en scène ses héros dans un espace flottant, en gravité zéro. Prouesse technique, ce choix sert particulièrement le film dans ses scènes d’angoisse, l’apesanteur empêchant les héros de s’enfuir à toute jambe. Le réalisateur distille aussi beaucoup d’insolence : les scénaristes ne sont autres que Rhett Reese et Paul Wernick, auteurs de Deadpool et Bienvenue à Zombieland. Un ton assumé jusqu’à la scène finale, inhabituelle mais devinée lors du dernier quart-d’heure, à mi-chemin entre le génial et le grotesque. Life assume alors clairement sa vision cynique de l’humain, aveuglé par son désir de domination. Avec ce propos ambitieux, le film aurait mérité de s’émanciper encore plus de ses modèles. On n’en retiendra seulement une déclinaison d’Alien, divertissante mais trop classique.

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3 commentaires sur « Life : le 7e passager »

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