The Walking Dead : une septième saison plus morte que vivante

Le dimanche 2 avril, s’est achevée la septième saison de la série « zombiesque » adaptée des comics de Robert Kirkman. Sans grand fracas, le dernier épisode « The First Day of the Rest of Your Life » venait clore une année décevante. Probablement la plus faible depuis les débuts de The Walking Dead sur AMC (et sur OCS Choc en France). Retour sur un échec aussi prévisible que désolant.

Marquante, cette saison de The Walking Dead l’aura été à tous les niveaux. De son premier épisode choc à sa significative chute d’audiences, la série la plus populaire d’Amérique est arrivée à un point fatidique. Malgré quelques bonnes idées et des moments parfois touchants, l’essoufflement était presque inévitable pour une série aussi prospère. Présenté comme l’argument fort de ce nouveau chapitre, l’arrivée du nouvel antagoniste Negan (Jeffrey Dean Morgan), le leader des Sauveurs, n’aura pas eu l’effet escompté. Bien au contraire.

Très attendu, le nouvel antagoniste Negan (Jeffrey Dean Morgan) n'a pas tenu ses promesses dans la septième saison de The Walking Dead. © Gene Page/AMC
Très attendu, le nouvel antagoniste Negan (Jeffrey Dean Morgan) n’a pas tenu ses promesses dans la septième saison de The Walking Dead. © Gene Page/AMC

Plus cruel que ses prédécesseurs, le personnage est aussi plus caricatural et plus exaspérant, incarnant tous les symptômes d’une série en perdition. Si l’on se prend à détester l’antagoniste et ce, dès son entrée en scène, on en vient aussi à se lasser de sa démesure. Ses monologues ont gagné en longueur ce qu’ils ont perdu en intérêt. La faute à une structure répétitive : entre deux pillages, le psychopathe armé de sa batte Lucille s’évertue à asseoir son autorité sur ses exécutants et son harem d’épouses.

Avec la disparition brutale de deux personnages importants dans son introduction, la septième saison a vainement tenté de se donner une plus grande ampleur dramatique. En témoigne une première partie contemplative et abasourdie par le deuil de ses disparus. La tristesse (Maggie), la résilience (Michonne), l’égarement (Carol), l’acceptation (Morgan) mais aussi la colère (Sasha et Rosita)…autant d’émotions et d’étapes inhérentes à l’œuvre et qui se retrouvent décortiquées, sur-exploitées dans les premiers épisodes de la saison. Si le résultat ne décollait jamais vraiment, le final de mi-saison annonçait une seconde moitié dynamique et enlevée.

Huit épisodes plus tard, la grande guerre n’a toujours pas eu lieu. La vengeance attendra. Le spectateur doit d’abord assister à la longue préparation de nos héros au combat. Ces derniers se retrouvent d’abord dans l’urgence d’établir une alliance entre les différentes communautés soumises à l’autorité des Sauveurs et découvertes auparavant. Cohérente sur le papier, cette évolution lasse gentiment avant d’agacer grandement. Loin d’être inintéressant, le sous-texte politique de la septième saison pêche par une écriture et une mise en scène monotones. Les héros évoluent d’une communauté à l’autre, traversant des paysages identiques aux décors recyclés. Tout comme ses protagonistes, la série tourne en rond et ce ne sont pas les horribles incrustations sur fond vert qui changeront la donne.

Si les fulgurances esthétiques des précédentes saisons se sont volatilisées, le bilan des personnages n’est guère plus réjouissant. Les nouvelles communautés introduisent de nouvelles têtes mais peu d’entre elles se démarquent. Du côté des visages familiers, le constat est bien terne. Certains se perdent pour mieux se retrouver, à l’instar d’une Carol (Mélissa McBride) sous-exploitée et absente. D’autres obtiennent leur quart d’heure de gloire, grâce à la narration éclatée propre à la série– chaque épisode se concentre sur deux ou trois personnages. Pour le meilleur (les femmes) comme pour le pire (les hommes). Si les meneuses rebelles, Rosita (Chrisitan Serratos) et Sacha (Sonequa Martin-Green), prennent considérablement de l’importance, d’autres ont droit à des épisodes plus inégaux, la faute à un charisme limité (Eugene).

Pour rallier les autres communautés à sa cause, Rick (Andrew Lincoln) devra surmonter bien des épreuves. © Gene Page/AMC
Pour rallier les autres communautés à sa cause, Rick (Andrew Lincoln) devra surmonter bien des épreuves. © Gene Page/AMC

Meurtri et en retrait dans le début de saison, le héros Rick (Andrew Lincoln) pourra compter sur l’épaule infaillible et fidèle de Michonne (Danai Gurira). Plus que jamais, l’humain et l’humanité se retrouvent au cœur des préoccupations. Si les morts nourrissent la parabole des travers d’une société américaine dans l’œuvre de George A. Romero, ils se retrouvent définitivement relégués au second plan dans The Walking Dead. Plus méchants et vicieux, les humains sont capables de pire. Mais ils représentent aussi le meilleur de ce monde, comme l’explique Maggie (Lauren Cohan) à l’inconsolable Daryl (Norman Reedus).

Ces belles tirades ne nous apprendront cependant rien de nouveau sur la nature humaine. Rien de plus qu’on ne savait déjà des saisons passées ni des autres consœurs post-apocalyptiques. Ce qui faisait l’originalité et la force de la série représente aujourd’hui sa faiblesse et ses écueils. Interminables, les dialogues et les confessions contaminent chaque scène sans en changer de teneur. À l’heure où le petit écran attire les pointures du cinéma et les plumes talentueuses, il serait peut-être temps pour les scénaristes de The Walking Dead de sortir de cette immobilité confortable et de renouveler leur objet télévisuel.

Maggie (Lauren Cohan) et Jésus (Tom Payne) prépare l'imminente riposte de la communauté de la Colline. © Gene Page/AMC
Maggie (Lauren Cohan) et Jésus (Tom Payne) préparent l’imminente riposte de la communauté de la Colline. © Gene Page/AMC

Cette fois-ci, l’épisode final ne changera rien à la donne. En demi-teinte, « The First Day of the Rest of Your Life » donne à voir, pour la première fois depuis la fin de la sixième saison, un retournement de situation heureux pour nos héros. Mais avant de savourer cet instant grisant, il faudra supporter d’inlassables flash-back consacrés à un personnage secondaire, retenu en otage par Negan. Essoufflée et peu inspirée, la structure narrative de l’épisode annonce évidemment la disparition du protagoniste, qui n’avait finalement plus son utilité dans cette histoire.

La toute dernière scène de l’épisode donne à voir un groupe réunifié. Les blessés pansent leurs blessures, les nouveaux alliés échangent de la nourriture. L’espoir renaît. Ce même espoir, qui a juste qu’ici, maintenu nos héros en vie. On ne peut alors que souhaiter la même évolution pour une série en attente critique d’une résurrection. La série sera-t-elle capable de se relever de sa belle chute ? Réponse en septembre prochain pour la huitième saison. Reste à savoir si les fidèles seront toujours aussi nombreux…

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7 commentaires sur « The Walking Dead : une septième saison plus morte que vivante »

  1. A la mi saison, j’avais trouvé ta critique un peu dur. Mais finalement je m’attendais à beaucoup mieux pour le final de cette saison 7. Donc sans jeu de mots j’adhère à « une septième saison plus morte que vivante »
    Je me demandais si la saison a été réalisé par la même équipe technique ? réalisateur, scénariste ….
    J’espère du mieux pour la rentrée prochaine ….

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    1. Oui je m’en rappelle. J’avais été dur à l’époque ! Aujourd’hui, j’ai décidé de mettre un peu d’eau dans mon vin mais la déception et l’ennui restent intacts. 🙂
      Je n’ai pas la liste des équipes et réalisateurs par épisode sous les yeux mais il me semble que l’équipe reste plus ou moins la même d’un épisode à l’autre…à l’inverse des réalisateurs et réalisatrices – même s’il y a quelques habitué(e)s. 🙂

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  2. Je continuerai de regarder personnellement, parce que j’ai l’espoir de voir les scénaristes se réveiller au vu du torrent de critiques (méritées) qu’ils ont dû encaisser cette saison. Le premier épisode avait mis la barre tellement haut (en ce qui me concerne) que la suite n’a été qu’une longue dégringolade dans l’ennui et la médiocrité la plus totale. Sans parler du scénario et de ses multiples arcs improbables et inutiles, de ses personnages tellement sous-exploités (Carol, Daryl, Jesus, Maggie…)(et je te parle même pas de Michonne, qui passe la deuxième moitié de saison à jouer les biches effarouchées)(why ?) et puis cette omniprésence nauséabonde et mal maîtrisée de Negan, c’était tout simplement insupportable.

    J’attends de voir la huitième (parce que Walking Dead est un de mes points faibles) mais l’ensemble de cette septième saison m’a clairement fait un trou au cœur tellement c’était mauvais.

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    1. Je pense que tu soulignes le plus grand problème de cette saison (du moins selon moi) :
      Outre l’omniprésence agaçante de Negan, les créateurs et scénaristes ont piétiné les personnages, qu’ils soient très ou peu présents. Et ce ne sont pas leurs considérations existentialistes et métaphysiques qui n’arrangeront les choses. J’ai l’impression d’assister aux même conversations depuis trois années.

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  3. Félicitations pour cet article superbement écrit et détaillé. Je ne partage pas totalement ton point de vue mais je vois qu’on se rejoint sur certains points. Même si la réalisation n’est pas toujours parfaite, j’ai beaucoup apprécié qu’on se concentre sur la psychologie des personnages malgré le fait que ça donne parfois lieu à quelques longueurs. Cela dit, maintenant que les bases ont (longuement) été posées, j’attends de la saison 8 qu’elle fasse vraiment avancer les choses.

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    1. Merci pour ton commentaire, c’est gentil de ta part. 🙂
      Ma patience a été mise à rude épreuve cette saison. J’ai eu du mal à me montrer indulgent face aux longueurs et redondances de cet arc. Pour ma part, la psychologie des personnages est souvent maltraitée par les scénaristes (cf. Les états-d’âmes de Carol qui perdent en subtilité et cohérence….alors qu’elle était bien partie pour devenir LE personnage de la série selon moi).
      Comme tu le dit, maintenant que les bases de la « grande guerre » ont été posées, la saison 8 devrait relever le niveau. Si ce n’est pas le cas, elle ouvrait être fatale à la série.
      Pour être honnête, je songe à m’arrêter…j’attendrai néanmoins les premiers échos sur les 3 premiers épisodes pour me décider. 🙂

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      1. C’est vrai que Carol est devenu un personnage que je ne supporte plus depuis la saison précédente. Elle était la seule qui avait vraiment la tête sur les épaules, qui savait que le monde dans lequel ils vivent repose sur la loi du plus fort, et d’un épisode à l’autre elle est devenue une véritable carpette à la Morgan. Honnêtement si son personnage ne redevient pas comme avant, ça ne ferait absolument rien de la voir mourir, j’en serais même plutôt content…

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