Petit catalogue de (mon) cinéma : la suite !

La sortie de La La Land, en janvier dernier, annoncé comme un chef-d’oeuvre, m’avait donné l’occasion de présenter quelques uns des films les plus marquants dans ma vie de cinéphile. Dans le premier article, vous y découvriez Moulin Rouge !, La famille Tenenbaum, Quatre mariages et un enterrement, Drive, Gosford Park et enfin Whiplash, du fameux Damien Chazelle. La suite de ce catalogue en mots et images, avec 6 nouveaux films, aux genres très différents. 

Le plus romantique : Quand Harry rencontre Sally de Rob Reiner

Rob Reiner, plus inspiré que jamais avec Meg Ryan et Billy Crystal dans les rôles d'Harry et de Sally. © D.R.Comédie sentimentale par excellenceQuand Harry rencontre Sally s’étend sur douze années pendant lesquelles les héros Sally (Meg Ryan) et Harry (Billy Crystal, mémorable) vont se croiser, se détester, être amis et finalement s’aimer… On ne peut évidemment pas douter du dénouement, heureux bien sûr, mais on se délecte du chemin pris par les personnages pour en arriver finalement à leur baiser, lors d’une soirée du Nouvel An. Le film bavard (le scénario est de Nora Ephron) offre bon nombre de savoureux dialogues et de personnages attachants. Un film culte, sans doute le meilleur du genre. 

Le plus lyrique : Le Nouveau Monde de Terrence Malick

Par un longue fresque contemplative, Terrence Malick s’empare de l’histoire mondialement connu de Pocahontas (Q’orianka Kilcher) et du navigateur John Smith (Colin Farrell). Le réalisateur prend le temps de filmer la beauté des paysages et le souffle du vent. La rencontre entre deux peuples, à l’époque de la conquête du nouveau monde, n’en est que plus lyrique. Derrière la grande Histoire de la colonisation, Malick nous entraîne dans l’histoire plus intime des hommes, de la rencontre amoureuse et de l’indicible.

Lorsqu’un troisième homme entre en jeu, le colon John Rolfe (Christian Bale), le récit devient plus poétique et insaisissable. Le nouveau monde fait l’économie de mots et d’actions pour mieux se concentrer sur les personnages et leur psychologie. Une oeuvre unique, très sensorielle et immanquable.

Le plus rythmé : Arnaques, crimes et botanique de Guy Ritchie

Premier film de Guy Ritchie, qui depuis a réalisé le film culte Snatch, mais s’est aussi embourbé dans une carrière américaine plus ou moins maîtrisée, Arnarques, crimes et botanique est un excellent film de gangster à l’humour très british. Il y est question d’un joueur de poker, Eddy (Nick Moran) arnaqué lors d’une partie, et endetté de 500 000 livres.

Comme souvent, le réalisateur soigne particulièrement la forme et l’esthétique de  son film mais assène également de savoureuses répliques. Sombre et assez décalé, Arnarques, crimes et botanique trouve ses influences du côté de Tarantino ou de Danny Boyle. Le résultat est une comédie noire, souvent drôle, boostée par une bande son électrisante (notamment le I Wanna Be Your Dog, de The Stooges) et des images clippées enivrantes.

Le plus inquiétant : 28 jours plus tard de Danny Boyle

D’autres films de Danny Boyle pourraient faire partie de ce petit catalogue… Son premier Petits Meurtres entre amis (1995), qui révélait Ewan McGregor, est cynique et sombre à souhait. Suivait son oeuvre culte, Trainspotting (1996), à la bande-son démente, et qui a même engendré une suite désastreuse le mois dernier : T2 Trainspotting… Mais pour moi, le plus marquant reste sans doute, 28 jours plus tard, sorti en 2002 et qui renouvelle le genre. Film de zombies porté par Cillian Murphy, inconnu à l’époque, il se rapproche du travail de George A. Romero et analyse de façon très pertinente le monde post-apocalyptique dans lequel se retrouve réveillé son héros, Jim. De qui doit-on se méfier ? Des zombies déchaînés ou des quelques humains qui restent ? Un classique à découvrir.

Le plus puissant : Take Shelter de Jeff Nichols

En 2011, le cinéaste Jeff Nichols, quasi inconnu, sort son deuxième long-métrage (après Shotgun Stories en 2007), un drame psychologique et fantastique, au suspens angoissant. Michael Shannon, acteur fétiche du réalisateur, y est comme à son habitude éblouissant. Dans Take Shelter, il incarne le rôle de Curtis, père de famille, hanté par des visions de tornades. Sombre-t-il dans la folie ou est-il réellement doué de visions ? Le héros va s’enfermer dans une spirale obsessionnelle au point de construire un abri, le fameux shelter. Entre approche intimiste et scènes apocalyptiques, Jeff Nichols confirme son talent et sa singularité. Le final, d’une beauté époustouflante, conclue le film avec beaucoup d’intensité et d’émotion. Un chef-d’oeuvre.

Le plus virtuose : Spring Breakers de Harmony Korine

Le film d’Harmony Korine est sans doute l’une des oeuvres les plus difficiles à appréhender. Certains ne pourraient y voir qu’un film provoquant et vulgaire mettant en scène quatre  Disney Girls en bikini, lors d’un spring break. Pourtant, sous ce déguisement, Spring Breakers est bien plus complexe que cela. Noir et mélancolique, le film offre une plongée planante dans l’adolescence américaine en quête d’excès en tout genre. Sur le plan esthétique, les plans sont d’une beauté hypnotisante où jaillissent les couleurs et la lumière (la photographie de Benoît Debie est incroyable). Avec un grand talent, Korine transforme des scènes parodiques et risibles en vraies séquences dramatiques, à l’instar de la fameuse interprétation de Britney Spears au piano. Finalement, Spring Breakers raconte la descente aux enfers de ces quatre jeunes filles, poupées naïves et aguicheuses, à la recherche de leur propre identité. Tant sur le fond que sur la forme, le film se distingue par sa singularité, sa réalisation acidulée et la justesse de son histoire, sauvage et sombre.

Et vous, quels sont vos films coups de coeur ?

 

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5 commentaires sur « Petit catalogue de (mon) cinéma : la suite ! »

  1. Je trouve cette série d’articles vraiment très chouette ! Même à faire, je pense que ça doit te replonger dans des souvenirs…

    J’ai véritablement vu Quand Harry rencontre Sally il y a peu… Et malgré ses qualités, je crois que je lui préfère Vous avez un message, qui m’a charmée dès le premier visionnage.
    Je suis aussi ravie que tu parles de ce film de Terrence Malick ! Je l’ai regardé peut-être une ou deux fois, mais il m’a profondément marquée. C’est magnifique sur tous les plans, de la photographie aux personnages, c’est poétique et tragique, bref, c’est beau. (Et y a Colin Farrell).
    Concernant Guy Ritchie, c’est un réalisateur dont je ne connais que les productions les plus récentes. Tu me donnes bien envie de me pencher sur ses œuvres plus anciennes ! Quels films vises-tu quand tu parles d’une carrière américaine « plus ou moins maîtrisée » ? :).

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  2. « Le nouveau monde » est une merveille de beauté, de cruauté, d’humanisme comme l’est également « La ligne rouge ». Malick est vraiment un génie. Il est certainement le seul réalisateur a me faire vibrer autant. Regarder ces deux films (mes préférés) est toujours une épreuve émotionnelle intense. je n’en sors jamais indemne.

    Aimé par 2 people

  3. J’adore ta liste car elle est de très bonne qualité. On passe de la comédie romantique « Quand Harry… » au renouveau du film d’horreur « 28 jours… ». Néanmoins, Danny Boyle (Petits meurtres entre amis, Trainspotting, Sunshine), Rob Reiner (Stand by Me, Princess Bride) , Guy Ritchie (Snatch, Rock n Rolla) sont aux abonnés absents depuis de nombreuses années. Jeff Nichols reste une valeur sure et intéressante du cinéma US mais attention au production trop prétentieuse tel que James Gray s’aventure à prolonger (The Immigrant et récemment The Lost City of Z). Cimino, Coppola s’y sont brulés les ailes. La lumière de ta liste c’est bien évidemment Terrence Malick. Il est prodigieux, détient une vision unique de la beauté, du temps qui passe, de la nature plus forte et plus belle que l’homme. Incroyable cinéaste. Et même pour Spring Breakers, ce film fait partie de ta liste, des films qui te plaisent, alors il n’y a rien à redire la dessus. Moi j’aime beaucoup certains films de John Carpenter. C’est ça le cinéma, un film à un moment qui nous touche et nous emporte dans une direction inconnue. Vive le cinéma et vive ta liste.

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