The Americans, la meilleure série d’espionnage ?

Les espions soviétiques Philip et Elisabeth Jennings sont de retour ! Depuis le 7 mars sur la chaîne américaine FX et le 9 mars sur Canal+ Séries, The Americans, désignée comme la meilleure série d’espionnage par The Guardian, est revenue avec une cinquième saison. L’occasion de faire le point sur la saison dernière, riche en rebondissements. Ne lisez pas si vous n’êtes pas à jour !

Le 30 janvier 2013, FX diffusait le pilote de The Americans et introduisait sur le petit écran, deux anti-héros, Philip (Matthew Rhys) et Elisabeth Jennings (Keri Russel), époux américains du début des années 1980. D’apparence, le couple est tout ce qu’il y a de plus normal : une maison pavillonnaire dans la banlieue de Washington, de bonnes relations de voisinage, une agence de voyage et deux adolescents sans problème. Jusqu’ici, la série n’aurait rien de passionnant… Sauf qu’Elisabeth et Philip sont en fait des agents secrets du KGB, nés en URSS. La police secrète soviétique les a mariés il y a vingt ans et envoyés aux Etats-Unis avec pour seule règle : s’infiltrer dans la société américaine en restant au dessus de tout soupçon. Mission accomplie jusqu’à cette saison 4, située en 1983, où le danger est de plus en plus grand. La menace d’une guerre nucléaire est imminente et la nouvelle mission d’Elisabeth et de Philip sera de récupérer un échantillon d’une arme biologique américaine.

Philip Jennings (Matthew Rhys) et Elizabeth Jennings (Keri Russell), pendant une mission. © Eric Liebowitz/FX
Philip Jennings (Matthew Rhys) et Elizabeth Jennings (Keri Russell), pendant une mission. © Eric Liebowitz/FX

Depuis quatre ans, The Americans s’impose comme une des plus passionnantes séries d’espionnages. Oubliez les cocktails, les voitures de courses et les gadgets à gogos, celle-ci est réaliste ! Pour cause, Joe Weisberg, le créateur de la série, est un ex-agent de la CIA : la vie d’espion, il connaît. The Americans fait la part belle aux relations entre les personnages, préférant développer les émotions de ses héros, plutôt que les scènes d’actions pures – non pas qu’elles soient inexistantes, au contraire. Si les premières saisons se penchaient sur les relations des deux espions et la légitimité de leur couple – comment aimer et se construire avec un partenaire imposé ? – la fin de la saison 3 et la saison 4 approfondissent les questionnements autour du cercle familial. Parents de deux enfants, il leur faut jongler avec leur double, voire triple identité ! Dans ces nouveaux épisodes, le danger ne vient plus uniquement de l’extérieur mais du cœur du foyer… Leur fille, Paige (Holly Taylor) a découvert la vérité et l’a confiée au pasteur Tim (Kelly AuCoin).

Avec ce nouveau rebondissement, l’imprévisible est encore plus présent et la série gagne en intensité. Il y avait déjà le danger d’être découvert par le voisin, agent du FBI, Stan Beeman (Noah Emmerich), avec lequel les Jennings avaient décidé de sympathiser ; il y a désormais la peur qui s’immisce à l’intérieur même de la maison. Les enjeux familiaux sont impeccablement mis en scène : la tension est quasi continue et chacun se craint ou se suspecte. Elisabeth et Philip redoutent le manque de discrétion de leur fille, qui quant à elle se questionne sur la moralité des activités de ses parents, surtout lorsque le pasteur est porté disparu…

Elizabeth Jennings (Keri Russell), espionne pour le KGB © James Minchin/FX
Elizabeth Jennings (Keri Russell), espionne pour le KGB © James Minchin/FX

Cette saison introduit de nouveaux personnages dont Young-Hee (Ruthie Ann Miles), une mère de famille coréenne qu’Elisabeth doit manipuler pour une mission. Moralement, l’espionne n’est pas plus aussi forte que dans les saisons précédentes. Fragilisée par ces mensonges, elle souffre de cette nouvelle amitié faussée par les enjeux de la guerre froide. Plus vulnérables, les personnages sont ainsi plus attachants et c’est particulièrement le cas pour Philip, qui porte sur ses épaules l’intrigue la plus fascinante de la série. Marié à Martha (Alison Wright, incroyable), secrétaire du chef du FBI, en tant que Clark, Philip se complexifie et les scénaristes soignent particulièrement la psychologie de ce personnage. Avec Martha, Philip/Clark se révèle dans tous les sens du terme, dévoilant même littéralement son vrai visage à sa seconde femme, bouleversée. Paradoxalement, il y a plus de vérité et de sincérité dans cette relation que dans celle des deux espions. The Americans devient encore plus profonde et intense et affirme sa force dans ses silences. Les non-dits et les regards sont très présents dans la série – ce qui est logique et malin puisque les héros sont des espions – et ce choix scénaristique est sans doute l’une des plus belles réussites.

Avec ces rencontres, Philip et Elisabeth se prennent au jeu du quotidien normal et se fatiguent de cette vie de faux-semblant. Le KGB leur offrira même quelques mois de repos mais bientôt il faudra revenir à leurs missions. Subtilement, The Americans expose l’exploration de leur identité, les conflits émotionnels… La découverte de Paige fait ressortir de nombreuses émotions et les héros se rappellent avec plaisir leur identité, leur racine et même le village soviet qu’ils ont quitté. Pendant toutes ces saisons, les espions s’oubliaient dans leurs missions ; désormais, ils se souviennent… Grâce à des interprètes brillants, tout en nuances, et son esthétique soignée 80s, The Americans est indéniablement une série à suivre.

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7 commentaires sur « The Americans, la meilleure série d’espionnage ? »

  1. Je n’ai pas encore vu la dernière saison (j’attends sa diffusion sur Netflix…), mais ce que j’aime par dessus tout dans The Americans c’est sa crédibilité. Pas d’espions surentraînés aux gadgets improbables, mais de la manipulation et du renseignement pur.

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