A cure for Life de Gore Verbinski

Gore Verbinski, propulsé à Hollywood grâce à la saga Pirates des Caraïbes, revient au cinéma avec une thriller fantastique porté par l’acteur montant Dane DeHaan (le futur Valerian de Luc Besson). Malgré une photographie somptueuse et une atmosphère volontairement rétro, A cure for Life tombe dans le grotesque, sans parvenir à faire frissonner le spectateur. En salles depuis le 15 février.

Le décor est une immense demeure sur les hauteurs d’un village suisse. Quelques vieux riches venus de différents coins séjournent dans cette maison de repos, profitant des bienfaits du traitement du docteur Volmer (Jason Isaacs). Ils se sentent si bien que personne ne quitte jamais ce lieu aux apparences idylliques… Par choix ou par obligation ? C’est le mystère que tente d’éclaircir Lockhart (Dane DeHaan, qui ne brille pas particulièrement dans ce rôle), un trader aux dents longues, qui se retrouve chargé d’y récupérer le patron de sa boîte. Evidemment, rien ne se passe comme prévu, et à la suite d’un étrange accident, il se retrouve la jambe dans le plâtre, dans une des chambres de l’établissement.

Comme tout bon héros qui se respecte, il va braver les interdits pour percer les secrets du lieu. Rationnel et ambitieux, Lockhart n’abandonne jamais, même après quelques tortures dentaires et des « soins » plus que douteux. Mais tout est-il vrai ? Le réalisateur le sait il lui-même ? Avec son scénariste, Justin Haythe, avec qui il a collaboré pour son précédent film The Lone Ranger, Gore Verbinski laisse planer le doute et très peu d’indice. Lockhart est-il victime d’hallucinations ? Est-il mort ? Désespérément à la recherche de la vérité, il semble sombrer dans la folie (la scène finale pourrait confirmer cette hypothèse), mais chaque spectateur pourra faire ses propres interprétations. Autant de questionnements qui ne suffisent ni à créer de l’intérêt ni à faire frissonner. Là où d’autres metteurs en scène auraient choisi d’opter pour un rythme haletant, Verbinski prend son temps, proposant la lente descente aux enfers de son héros. Un traitement certes ennuyeux mais subtil, audacieux et inattendu pour ce genre de film.

Autour de Lockhart émergent quelques personnages secondaires, dont Hannah (Mia Goth), jeune ingénue dans un corps de femme et protégée du directeur, le docteur Volmer. Les deux parviennent un moment à descendre au petit village suisse, peuplé de pèquenauds, en contrebas du centre, dans une scène aussi improbable qu’inutile. Mieux vaut faire abstraction des histoires secondaires qui n’évitent pas les clichés (celles du village ou celles de l’entreprise à New York). Dans A Cure for Life, on pourra quand même saluer l’effort de Verbinski, de réaliser un film de genre, hors des sentiers battus, influencés par l’esthétique fantastique des années 70. La photographie de Bojan Bazelli vient même sublimer cet essai, mais ce n’est pas suffisant pour sauver ce scénario désastreux digne des plus grands nanars. Outre les incohérences, l’intrigue et son dénouement sont d’un sommet de ridicule et de grotesque… à peine compréhensibles. Le pire ? On ne prendra même pas le temps d’essayer de comprendre.

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8 commentaires sur « A cure for Life de Gore Verbinski »

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