Premières impressions : Taboo de Steven Knight

Lancée le 7 janvier 2017, la nouvelle série de Steven Knight, auteur talentueux de Peaky Blinders, fait déjà parler d’elle, surtout grâce à son casting, porté par le très apprécié Tom Hardy. Secrets de famille et histoires mystiques se confondent dans un premier épisode ambitieux, un peu lourd mais à l’esthétique très soignée. Taboo est diffusée en ce moment sur la chaîne FX (USA) et sur la BBC (UK), à défaut d’une programmation française.

Il aura fallu une poignée d’épisodes à Steven Knight pour porter Peaky Blinders au rang des séries d’exception (casting impressionnant, bande-son anachronique démentielle, reconstitution historique maîtrisée et une palette de personnages admirable). Est-il vraiment judicieux de la comparer à Taboo, nouveau bébé de son créateur ? Il est en tout cas difficile de ne pas en voir les ressemblances… Les deux sont des séries historiques britanniques. Quand la première mettait en scène une famille de petits escrocs dans le Birmingham industriel des années 20, la nouvelle série se déroule un siècle plus tôt. Taboo s’ouvre sur l’année 1814, pendant la méconnue guerre anglo-américaine, qui opposa les deux pays de 1812 à 1815. En jeu : les territoires canadiens, appartenant à l’Empire britannique, dont les Etats-Unis veulent s’emparer. Le contexte et le scénario de la série sont ambitieux et mieux vaut connaître les tenants et aboutissants de ce conflit, pour comprendre la suite des événements…

Tom Hardy est James Keziah Delaney dans la nouvelle série de Steven Knight : Taboo © FX
Tom Hardy est James Keziah Delaney dans la nouvelle série de Steven Knight : Taboo © FX

Le héros, l’aventurier James Keziah Delaney (Tom Hardy qui cabotine) revient d’Afrique pour l’enterrement de son père, provoquant la surprise -on le disait mort- et l’émoi chez sa demi-sœur Zilpha (Oona Chaplin). Cette arrivée inattendue va remettre en cause les plans de la Compagnie britannique des Indes orientales, décidée à mettre la main sur l’héritage familial : un bout de terre situé entre les territoires américains et canadiens et habité par une tribu amérindienne, la baie de Nootka. James, seul héritier, compte bien garder ce qui lui revient de droit.

Comme dans Peaky Blinders, Taboo apporte son lot d’histoires familiales, plus ou moins secrètes… dont une partie nous est déjà révélée dans le premier épisode. On devine une ancienne idylle entre James et Zilpha, amorcée par ce pilote, dénuée de subtilité. Jeux de regard, déclaration chuchotée au coin de l’oreille et formule grandiloquente « L’Enfer s’est-il ouvert ? » à l’arrivée du revenant… La série souffre déjà d’un goût très prononcé pour la théâtralité, accentué par les interprétations de chacun. Les acteurs, Tom Hardy en tête, sont plutôt convaincants mais le britannique peine à trouver une nouvelle corde à son arc. Comme à son habitude, Tom Hardy fait du Tom Hardy, prouvant ainsi que ses talents de comédien se limitent à une seule et même émotion, une seule attitude.

Heureusement, la photographie sombre et sublime vient sauver ce premier épisode, aux accents surnaturels. La conquête du territoire de Nootka emmènera sans aucun doute nos héros dans des contrées lointaines, exotiques et surnaturelles. Des promesses alléchantes, annonçant une bonne dose d’aventure, de danger et de paysages sublimes… Espérons qu’entre le mélo affecté et le drame mystique, Steven Knight saura faire le bon choix.

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6 commentaires sur « Premières impressions : Taboo de Steven Knight »

  1. J’avais adoré les premiers épisodes Peaky Blinders… Puis j’avais arrêté par peur de découvrir ce qui allait se passer ensuite (je sais, c’est un peu ridicule). Néanmoins, entre les gifs/images qui défilent sur Tumblr et les avis plus que positifs sur cette série, je sais que je me dois de continuer. Taboo me tente pas mal aussi du coup. J’aime bien le contexte, la photographie a l’air absolument sublime, mais si Tom Hardy fait simplement du Tom Hardy, comme tu le dis… Je suis un peu dubitative. Surtout quand on a l’admirable, le fantastique, le merveilleux Cillian Murphy de l’autre côté (héhé).

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  2. Avec pour cadre l’Angleterre du 19ème siècle, entre pauvreté des faubourgs et opulence des élites, Taboo possède une esthétique très marquée, une photographie de bonne qualité et une réalisation en général bien maitrisée. 8 épisodes suffisent pour raconter l’histoire d’une vengeance d’une homme hanté par son passé. Difficile de ne pas être happé par l’Histoire mais l’histoire de ce « Edmond Dantes » anglais m’a parfois ennuyé. Dommage.

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