The Walking Dead saison 7 : le bilan de mi-saison

Ce dimanche 11 décembre, la chaîne américaine AMC diffusait « Hearts Still Beating », le huitième épisode de la septième saison de The Walking Dead. À l’aube de sa pause hivernale, la série fait surtout parler d’elle pour ses fortes chutes d’audiences. Sa qualité décroissante a-t-elle eu raison de la fidélité des spectateurs ? On serait plus que tenté de répondre par l’affirmative tant les huit premiers épisodes pâtissent d’une médiocrité déconcertante et d’un rythme inexistant.

Forte de son succès et de sa longévité, The Walking Dead fait preuve d’inconscience lorsqu’une remise en question s’impose. Les huit premiers épisodes de cette septième saison en sont la parfaite illustration. Placée sous le signe de la soumission et de la torture psychologique, cette première partie n’est qu’une longue introduction dictée par une dynamique : la tyrannie de Negan, le nouveau méchant de la série. Le leader de ceux qui se font appeler « les Sauveurs » a sauvagement éliminé deux personnages importants. Le héros Rick et ses compagnons sont réduits à l’état de sous-fifres. De leur côté, Carol et Morgan découvrent « le Royaume », une communauté dirigée par l’énigmatique Ezekiel. Le sixième épisode lève quant à lui le voile sur le sort de Tara et Heath, absents depuis plus de neuf épisodes.

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La première moitié de cette septième saison fait la part belle à l’impitoyable et tyrannique Negan (Jeffrey Dean Morgan). © Gene Page / AMC

Un antagoniste grotesque, un univers éclaté

Sans surprise, cette première moitié de saison se repose sur deux moments forts : la surenchère de violence de son introduction et un final de mi-saison tendu, placé sous le signe de la renaissance. Les autres épisodes, réduits à des rôles de remplissage, ont pour objectif d’introduire trois nouvelles communautés (le Royaume, le Sanctuaire et l’Oceanside). Centré sur des protagonistes différents, chaque arc vise à étendre l’univers de la série et travailler la psychologie des personnages (même les plus secondaires). Pour mener à bien ce tour d’horizon, les producteurs n’ont pas hésité à rallonger quatre épisodes, au risque d’éprouver un peu plus la patience des spectateurs.

Cette nouvelle saison multiplie les démonstrations de la cruauté de Negan, interprété par un Jeffrey Dean Morgan cabotin. Prometteur sur le papier, l’antagoniste aurait pu être fascinant si l’écriture grossière des scénaristes n’en faisait pas un personnage poussif et caricatural. Le bilan des autres protagonistes n’est guère plus charmant. À l’image des sacrifiés Carol et Morgan dont les rares scènes marquent difficilement les esprits. Ancien leader, Rick se retrouve écrasé et révèle des failles plus touchantes et trouve paradoxalement une certaine grâce.

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Compagnon fidèle de Rick, Daryl (Norman Reedus) devient, au début de cette saison, l’otage de Negan. Le dur à cuir devra survivre au « Sanctuaire ». © Gene Page / AMC

Le calme avant la tempête ?

Face à ce bouleversement et au silence de l’ancien shérif,  les femmes (Maggie, Rosita, Sasha et Michonne) entreprennent les prémices d’une rébellion. Chacune à leur manière n’hésite pas à s’opposer symboliquement à la figure machiste et narcissique de Negan (ce dernier réduit les membres féminins de son groupe au rôle « d’épouses »). La révolte attendue se cristallise dans les dernières minutes du huitième épisode « Hearts Still Beating ». Le groupe de Rick est à nouveau réuni et ce dernier s’en remet à Maggie, qui s’impose comme une meneuse idéale. Et si le salut de nos héros venait de leurs acolytes féminins ?

L’issue de cette première partie laisse également présager une union entre les différentes communautés introduites pour renverser la tyrannie de Negan. Une promesse certes excitante mais empoisonnée. Les ambitions affichées par The Walking Dead ne sont encore une fois que les cache-misères d’une série en panne d’inspiration. Les enjeux mis en place pour la future guerre intéressent finalement peu tant ils sont noyés dans des facilités scénaristiques et des incohérences encombrantes.

En deuil en ce début de saison, Maggie (Lauren Cohan) fera preuve d'une étonnante résilience et s'imposera comme une figure majeure de la rébeillon contre Negan et
En deuil en ce début de saison, Maggie (Lauren Cohan) fera preuve d’une étonnante résilience et s’imposera comme une figure majeure de la rébeillon contre Negan et « les Sauveurs ». © Gene Page / AMC

Critiquer les choix des producteurs et les épisodes intérimaires peut sonner comme une démarche facile et vaine. Depuis sa quatrième saison, le récit éclaté de The Walking Dead est en quelque sorte devenue une marque de fabrique, un mode opératoire. Inégales, les dernières saisons avaient même parfois su tirer profit de ce schéma narratif. Mais en 2016, le mécanisme s’enraye et peine à trouver un juste milieu entre une violence extrême et des moments plus contemplatifs. À l’image de ses « walkers », la série erre aveuglement, sans but (scénaristique) ni direction.

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11 commentaires sur « The Walking Dead saison 7 : le bilan de mi-saison »

  1. Je te trouve un peu dur, les premiers épisodes de la série ont fait éclater le groupe, et l’on a perdu également des caractères importants (Glenn, que l’on croyait mort dans la saison précédente).
    On a découvert de nouveaux groupes – qui ont amenés des épisodes plus lents.
    Mais je trouve qu’il y a la montée en force des femmes ( je me trompe peut être ) avec Maggie, Micchone, Rosita , peut être Carol ? et le groupe d’amazone de la plage … Un combat mené par les femmes contre Lucille ?
    J’attends la suite …. pour finir la saison, cela risque de terminer dans le sang

    Aimé par 1 personne

    1. Il est vrai que je me montre un peu dur envers ces premiers épisodes. C’est parce que je trouve que les enjeux et les moments forts de cette première moitié de saison ne sont pas toujours très marquants.
      Les femmes sont à l’honneur et j’ai vraiment apprécié cette initiative. Mais cet aspect est traité de manière poussive et maladroite (je n’ai pas vraiment vu l’intérêt d’étaler le cheminement de Michonne sur autant de scènes pour finalement arriver à un résultat aussi évident). L’episode 6 est également intéressant et se démarque des autres. Toutefois, il est truffé de scènes beaucoup trop longues (la lenteur d’un épisode n’est pas forcément un problème mais elle en devient un quand elle ne raconte pas grand chose). Les présentations amènent forcément des épisodes plus posés mais le souci c’est qu’on a eu droit à 6 épisodes d’introduction. Il y a pour moi (et ce n’est que mon avis), un souci de rythme. L’episode 8 monte en puissance certes, mais seules les quinzes dernières minutes fonctionnent vraiment.
      J’attends également la suite qui semble rentrer dans le vif du sujet. Je pense que le reste de la saison peut changer la donne mais pour le moment, je réduis au maximum mes attentes pour ne pas être déçu et frustré encore une fois. 🙂

      Aimé par 1 personne

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