Scream Queens saison 2 : la déception confirmée

Après une première saison décevante, la série Scream Queens retente sa chance et semble vouloir rectifier le tir. Diffusée depuis le 22 octobre 2016, le nouvel arc plonge les survivant(e)s du massacre de l’Université Wallace dans l’enfer du milieu hospitalier et même dans un marécage radioactif. Avec un nouvel ancrage mais un casting identique, le dernier bébé de Ryan Murphy peut-il encore convaincre ?

Présentée par son créateur Ryan Murphy (American Horror Story, Glee, Nip-Tuck) comme une comédie d’horreur, Scream Queens est un objet télévisuel intrigant. Diffusée pour la première fois en septembre 2015 sur la chaîne américaine FOX, la série se définissait comme une satire de deux sous-genres du cinéma américain : le teen movie (film d’adolescent) et le slasher, genre horrifique dans lequel un tueur masqué élimine méthodiquement à l’arme blanche un groupe de jeunes adultes insouciants. Après avoir connu des heures de gloire avec des franchises telles que Halloween (1978), Vendredi 13 (1980) ou encore Scream (1996), le concept a très vite été ridiculisé par des ersatz de mauvaise facture dans un premier temps et des parodies à succès (Scary Movie) dans un second. Pour ne rien arranger, le cinéma d’horreur se tourne dans les années 2000 vers des productions horrifiques plus violentes et sombres (les remakes de Massacre à la Tronçonneuse en 2003 et de La Colline a des yeux en 2006).

En 1978, John Carpenter réalise
En 1978, John Carpenter réalise « Halloween – la nuit des masques », référence en matière de slasher, mettant en scène la jeune Jamie Lee Curtis (présente en tant que doyenne dans « Scream Queens »), une des figures féminines les plus connues du cinéma d’horreur. ©John Carpenter. Compass International Pictures

Mais depuis quelques années, l’épouvante s’amourache du petit écran et les dernières nouveautés séries témoignent d’un certain succès critique et public. Décidées à conquérir des jeunes spectateurs toujours plus gourmands, certaines chaînes ont opté pour la résurrection du slasher. Peut-être auraient-elles dû s’abstenir. En 2015, MTV produisait Scream librement inspirée de l’œuvre de Wes Craven avec un jeune casting et un ancrage très moderne (l’ère du numérique). Cette même année, la chaîne spécialisée dans les films d’horreur Chiller, présentait Slasher, une série à l’univers plus adulte et violent. En 2016, les chaînes FreeForm et Stan tentent également leur chance avec respectivement Dead of Summer et Wolf Creek (adaptée d’un film sorti en 2005). Autant de propositions que d’échecs cuisants, à croire que le genre souffre d’un traitement trop cliché ou ne plaît tout simplement plus.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la série de Ryan Murphy. Derrière ce nom se cachait une proposition alléchante : jouer avec les codes du cinéma d’horreur et en offrir un pur divertissement, sans complexe. Du moins sur le papier. Au terme de treize épisodes, la première saison ne fut ni drôle ni effrayante ; un comble pour une comédie d’horreur. Cet échec n’empêcha pas pour autant la Fox de renouveler Scream Queens pour de nouvelles aventures horrifiques. Cette année, les spectateurs retrouvent Cathy Munsch (Jamie Lee Curtis), ancienne doyenne de l’Université Wallace, à la tête du C.U.R.E. Institute Hospital. Dans son projet de reconversion, elle recrute parmi les survivantes de la première tuerie Zayday (Keke Palmer) et « les Chanels » (menée par Emma Roberts) .Ces dernières se montrent guère enthousiastes à l’idée de côtoyer des malades et à œuvrer pour la bonne cause. Mais très vite un tueur en série (le « Red Devil » du campus laisse place au « Green Devil »), élimine l’un après l’autre le personnel et les patients.

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Recrutées de force par leur ancienne doyenne, « les Chanel » (de cauche à droite Billie Lourd, Emma Roberts et Abigail Breslin) n’auront pas le temps de s’habituer à leur nouvel emploi. Un nouveau tueur est bien décidé à les faire disparaître…©Michael Becker. FOX

Le cadre a beau avoir changé, la deuxième saison reprend à peu de choses près les codes de son aînée : un flashback déterminant, un tueur abonné au kitsch, une galerie de personnages plus absurdes les uns que les autres et des situations aussi délirantes que glauques. Sans répit (et sans transition), les spectateurs assistent à un enchaînement de scènes rocambolesques surchargées des références pop, des répliques millimétrées et une bande son étourdissante. En vain. Contre-productive, Scream Queens ne décolle qu’à de rares moments et parvient in extremis à arracher quelques rires. Les quatre premiers épisodes prennent toutefois le risque d’éliminer deux personnages importants. Un choix osé et déterminant quand on sait que le potentiel comique de la série reposait en partie sur ces derniers.

Sans surprise, Scream Queens se montre encore plus chaotique et boulimique pour sa deuxième saison. Si le ton est volontairement crétin, le scénario ne brille pas d’ingéniosité et de rigueur. La constance semble en effet être l’ennemie de Ryan Murphy. Nip Tuck, Glee, American Horror Story… autant de productions issues de son imagination et qui n’ont cessé de naviguer entre le brillant et le désastre. Scream Queens ne déroge pas à cette loi des séries. Le vrai problème réside alors dans son positionnement qu’elle assume difficilement. À vouloir jouer sur plusieurs tableaux et user de ses références, la série se montre bien moins maligne et « fun » qu’elle veut nous le faire croire. La parodie intentionnelle n’est-elle finalement pas un bon moyen pour masquer la médiocrité ? Difficile d’espérer une amélioration dans les neufs épisodes restants. Les fans du Ryan Murphy peuvent néanmoins se consoler avec une sixième saison d’American Horror Story de très bonne facture.

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9 commentaires sur « Scream Queens saison 2 : la déception confirmée »

  1. Malgré toutes les critiques négatives que j’en lis, Scream Queens reste une de mes séries coup de coeur de ces deux dernières années. La surenchère constante et l’absence de réel scénario ne me gêne pas, tellement je ris devant chaque épisode (cela dit, je suis peut-être trop bon public hein). C’est peut-être parce que je n’en attends pas plus que la première saison m’avait autant enchanté. La deuxième me déçoit dans son démarrage (moi aussi, j’ai du mal à comprendre comment on peut en arriver à tuer les deux piliers comiques de la série)(mais bon, admettons), cela dit, je reste accro à l’univers mi-glitter, mi-sanguinolent 😀

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    1. Je reconnais qu’il y a quelque chose de fascinant dans cette série. Elle ne ressemble à aucune autre ! Et certaines scènes peuvent se montrer très drôles et fines.
      Mais difficile de suivre toutes les directions qu’elle emprunte. Je finis par frôler l’indigestion. 🙂

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  2. Je dois dire que je suis d’accord en tout points avec ton article, c’est presque malheureux à dire mais la première saison ne m’avait pas du tout accrochée et je l’avais même regardée en accéléré tellement j’avais l’impression de perdre mon temps devant 🙄 J’ai voulu tenter la deuxième saison en me disant qu’elle serait peut être mieux mais j’ai vite abandonné et supprimé la série de ma liste…. Dommage !

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    1. Je comprends tout à fait ton ressenti. J’ai également essayé de m’accrocher cette série qui a parfois du bon et des idées assez plaisantes. Mais l’ensemble est tellement mal maîtrisé…sans compter que les (très) bonnes séries ne manquent pas. Du coup, je préfère me concentrer sur ces dernières. 🙂

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