Don’t Breathe – La maison des ténèbres

En salles depuis le 5 octobre 2016, « Don’t Breathe – La maison des ténèbres » jouit d’un beau succès outre-Atlantique. Véritable carton au box-office américain, le long métrage de Fede Alvarez met en scène trois cambrioleurs pris au piège dans la maison d’un vétéran de guerre aveugle. Doté d’un pitch déconcertant, le film n’en reste pas moins une belle réussite où le suspense est roi et sans répit.

Pour vivre, Alex, Money et Rocky ont pour habitude de commettre des braquages mineurs dans les quelques maisons encore habitées de Détroit. Un jour, un de leurs associés les oriente vers la demeure d’un ancien soldat aveugle. Ce dernier serait en possession d’une coquette somme de 300.000 dollars, en liquide. Flairant une occasion rêvée de quitter leur quotidien sans avenir, le trio se lance dans ce qu’ils considèrent leur dernier méfait. Mais très vite, les choses prennent une tournure dramatique et les cambrioleurs deviennent les victimes d’une personnalité dérangée et dérangeante.

Rocky (Jane Levy déjà aperçue dans le remake d'Evil Dead en 2013) assiste impuissante au retournement de situation. Dans
Rocky (Jane Levy déjà aperçue dans le remake d’Evil Dead en 2013) assiste impuissante au retournement de situation. Dans « Don’t Breathe », la victime n’est pas forcément celle que l’on croit… Copyright Sony Pictures Releasing GmbH 2016

Conscient des écueils caractéristiques au genre, Fede Alvarez a le mérite d’écourter son introduction et d’éviter un contexte lourd de poncifs. Les premières minutes du film suffisent, non sans maladresses, à comprendre que les malfrats ne sont que des jeunes souhaitant fuir la misère sociale de Détroit. L’ancienne cité industrielle sinistrée par la crise financière, devient à nouveau le terrain de jeu du cinéma d’horreur américain après avoir inspiré d’autres réalisateurs comme David Robert Mitchell (It Follows), Jim Jarmush (Only Lovers Left Alive) ou encore Ryan Gosling (Lost River). Fantomatiques, les quartiers résidentiels prennent l’allure d’un décor post-apocalyptique.

Mais contrairement à ce que son sous-titre pourrait laisser entendre, Don’t Breathe n’est pas un film d’horreur. Loin de là. Le spectateur a plutôt affaire à un home invasion se rapprochant davantage d’un Panic Room (David Fincher) que d’un torture porn à la Saw (James Wan). Le long métrage dérange d’ailleurs plus par ses messages immoraux que par sa violence graphique. Malin, Fede Alvarez flirte avec le mythe de l’arroseur arrosé et offre un exercice de style impressionnant. Auteur du remake (réussi) d’Evil Dead en 2013, le réalisateur prouve une fois de plus un sens de la mise en scène et du cadre exemplaires. En un plan séquence épatant, la caméra dévoile toutes les pièces d’une demeure décrépie, théâtre d’un cauchemar imminent. L’espace est peut-être réduit mais l’inventivité du réalisateur ne cesse grandir une fois les protagonistes piégés.

Moins chevronné que ses compagnons, le jeune Alex (Dylan Minnette) se retrouve bientôt dans une position dangereuse face à leur assaillant. Copyright Sony Pictures Releasing GmbH 2016
Moins chevronné que ses compagnons, le jeune Alex (Dylan Minnette) se retrouve bientôt dans une position dangereuse face à leur assaillant. Copyright Sony Pictures Releasing GmbH 2016

Le traquenard déployé, Don’t Breathe précipite les spectateurs dans une angoisse palpable et enchaîne à un rythme soutenu les retournements de situation. Servi par des acteurs convaincants (Stephen Lang, effrayant dans le rôle de l’antagoniste), Don’t Breathe regorge des scènes sensorielles inédites. La cécité du viel homme oblige, le personnage hostile renifle, palpe ses victimes tandis que ces dernières tentent de s’échapper à tâtons dans l’obscurité d’un sous-sol. Elles retiennent leurs respirations. Le spectateur se surprend à faire de même. La salle de cinéma plonge alors, par intermittence, dans un silence tendu. Et on se met à craindre pour le sort des jeunes cambrioleurs pourtant difficilement aimables.

Comme beaucoup de films de ce genre (The Witch, The Conjuring 2 pour ne citer que des exemples récents), Don’t Breathe souffre finalement d’une promotion zélée voire trompeuse. Non il ne s’agit pas du meilleur film d’horreur de ces vingt dernières années comme l’affirme si bien une exégèse sur les affiches. La faute à des incohérences et facilités scénaristiques qui entachent le réalisme d’un dernier acte plus violent qu’anxiogène. Mais à défaut d’être à la hauteur de sa réputation, le long métrage de Fede Alvarez fascine et se montre suffisamment inattendu, jubilatoire et malsain pour marquer les esprits.

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4 commentaires sur « Don’t Breathe – La maison des ténèbres »

  1. J’ai vu la ba et l’affiche. C’est un style de film que je vois davantage en dvd blu ray chez moi. En salle ça me fais trop peur (je me rappelle encore de « Conjuring » 😉 Toujours aussi sympa de te lire. Bon weekend Simon 🙂

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