Tokyo Vice : Jake Adelstein dans les bas-fonds du Japon

Passionnant ouvrage d’investigation, Tokyo Vice est à la fois un roman, une enquête et un manuel, aussi haletant qu’un roman noir. L’auteur, Jake Adelstein, un journaliste américain au Japon, raconte plus d’une décennie d’enquêtes dans les bas-fonds de Tokyo, entre crimes organisés et trafics d’êtres humains. Une plongée chez les yakuzas dont l’auteur ne ressortira pas indemne.

Deux coups de cœur en un pour ce passionnant Tokyo Vice : pour son auteur et pour la maison d’édition française, qui décide 7 ans après la parution américaine, de traduire cet ouvrage ! D’abord, l’histoire vraie de l’auteur est fascinante. Journaliste américain, Jake Adelstein intègre en 1992, à seulement 23 ans, le plus grand quotidien japonais (un tirage à 15 millions d’exemplaires par jour !). Sous-titré « Un journaliste américain sur le terrain de la police japonaise », Tokyo Vice est plutôt un livre sur journalisme et sur le Japon, une « référence en ce qui concerne la sous-culture japonaise » pour reprendre les mots d’Adelstein, désireux que « les gens comprennent comment là-bas le système judiciaire et le monde du crime fonctionnent. » (itw Paris Match, mars 2017).

A travers l’expérience du narrateur, premier étranger ‘gaijin’ à intégrer la rédaction du Yomiuri Shibun, le lecteur apprend en effet beaucoup sur la société japonaise, la police, les traditions, la presse et même sur les étonnants examens d’entrée dans les prestigieuses rédactions. L’extrait suivant vaut le détour : « Au Japon, les gens ne font pas carrière dans les grands journaux en commençant dans des quotidiens locaux, ou de petites villes, pour ensuite gravir les échelons. Les rédactions embauchent des journalistes directement à la sortie de l’université, mais les petits nouveaux doivent d’abord réussir un « examen d’entrée » standardisé – une sorte de QCM pour la presse. Le rituel est le suivant : les apprentis journalistes se rendent dans un énorme amphi et planchent sur des examens pendant des jours. » (page 26, traduction de Cyril Gay pour Marchialy). A la recherche du scoop qui affirmera sa légitimité, Jake Adelstein traine dans les rues sombres et les lieux peu fréquentables de la capitale japonaise. Au fil des pages, Tokyo Vice s’engouffre dans un polar sombre et inquiétant, entre prostitution forcée, kidnappings et trafic de femmes

Le récit est fascinant a plus d’un titre et mérite d’autant plus notre attention que la version française est un beau livre, superbement édité, par la maison d’édition Marchialy, aussi exigeante que prometteuse. Tokyo Vice, publié le 4 février dernier, est leur premier livre. S’en est suivi en mai dernier l’alléchant Une femme chez les chasseurs de tête de Titaÿna, ou les aventures d’une reporter dans une tribu de cannibales pendant les années folles. Pour la rentrée littéraire, la famille Marchialy a réservé à ses lecteurs l’histoire de Kid Pambelé, champion du monde de boxe colombien, par le journaliste Alberto Salcedo Ramos. Une maison à suivre avec intérêt si l’on partage avec eux le goût pour les enquêtes romancées, les grands reportages ou les romans d’aventure…

Publicités

6 commentaires sur « Tokyo Vice : Jake Adelstein dans les bas-fonds du Japon »

    1. La maison d’édition est toute jeune et déjà très prometteuse. Je ne vais pas tarder à acheter le deuxième livre « Une femme chez les chasseurs de tête », ça a l’air aussi passionnant. Et puis, le graphisme de ces livres est au top, ce qui ne gâche rien !

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s