Le Messie : œuvre chorale à l’Opéra National de Bordeaux

Pour clôturer en beauté la saison, le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux a choisi d’inviter le chorégraphe Maurice Wainrot. Le Messie, présenté pour la quatrième fois en ce lieu, rassemble sur scène 29 danseurs, accompagnés par l’orchestre, le chœur et quatre solistes de la Royal Academy of Music. Ce vendredi 1er juillet, l’Etoile Igor Yebra fera ses Adieux au Ballet. Un final qui s’annonce grandiose, sur la partition musicale du grand Haendel.

En représentation depuis le 19 juin dernier à l’Opéra National de Bordeaux, Le Messie va être présenté pour la dernière fois ce soir. A l’origine, Le Messie est un oratorio – une œuvre lyrique dramatique, non représentée, écrite pour des solistes, un chœur et des instruments-, composé en 1741 par le célèbre Haendel. En 1996, le chorégraphe argentin Maurice Wainrot crée une partition chorégraphique sur la musique baroque du compositeur allemand, avec le Ballet Royal des Flandres. Une deuxième version augmentée est créée en 1998 pour le Ballet National du Chili, avant celle de 2005, produite par l’Opéra National de Bordeaux.

Cette présente version regroupe 31 thèmes de l’oratorio de Haendel. Des 2h30 initiales, Maurice Wainrot a extrait 1H15 de partition car, confie-t-il au journal Sud-Ouest, il « n’aime pas les ballets trop longs, ni les entractes ». Sans réelle narration, Le Messie est une succession de tableaux autour de la Nativité, de la Passion du Christ et de la Résurrection. Sur scène, danseurs, choristes, solistes et instrumentistes s’appliquent à sublimer cette œuvre chorale, jusqu’à la dernière scène, sur le fameux Alléluia, un final en apothéose. La musique superbement dirigée par Andrea Quinn, accompagnée par les chœurs et les solistes de la Royal Academy of Music – coup de cœur pour la soprano Nika Goric -, apporte passion et intensité à cette chorégraphie spirituelle et mystique.

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Claire Teisseyre dans l’un des tableaux du ballet Le Messie, de Mauricio Wainrot © Sigrid Colomyes – Ballet de l’Opéra National de Bordeaux

A mi-chemin entre le classique et le contemporain, la chorégraphie est en constante élévation. Tout seul, par deux, par trois ou en groupe, les 29 danseurs du Ballet de l’Opéra de Bordeaux, tout de blanc vêtus, enchaînent les portés avec beaucoup de grâce. Dans tout l’espace de la scène, vidée de tout décor, les corps s’ajustent les uns sur les autres, en équilibre, s’aidant et se soulevant. Comme une ode à l’espérance et à la bienveillance, en témoigne la scène d’ouverture. Les danseurs sont étendus sur le ventre en croix dans une lumière bleue, à l’exception d’une danseuse, assise. Debout, elle élève une danseuse, puis elles se portent mutuellement. Les deux élèvent à leurs tours deux danseurs, puis quatre, puis huit… Et ainsi de suite. Durant la totalité du ballet, les grades de danseurs n’existeront plus, tous dansant ensemble sans distinction. Mauricio Wainrot a fait le choix du groupe plutôt que l’individu, quoi de plus évident pour une œuvre aussi humaniste.

Le 1er juillet, c’est sur la chorégraphie de Mauricio Wainrot que le danseur Igor Yebra fera ses Adieux au Ballet de l’Opéra National de Bordeaux. Nommé étoile en 2006 par Charles Jude, le directeur du ballet, il avait intégré la compagnie comme soliste la même année et avait depuis multiplié les rôles marquants, de Roméo à Icare, en passant par le Prince de la Belle au bois dormant. Une très jolie façon pour l’Opéra de Bordeaux de clôturer sa saison, en fête !

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