Bone Tomahawk, impeccable western sauvage

A mi-chemin entre le western classique et le film d’horreur, le premier film de S. Craig Zahler ne laissera personne indifférent. Distingué par le Grand Prix du Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2016 (succédant au très bon It Follows), Bone Tomahawk est absent des salles de cinéma, mais disponible en VOD depuis le 11 mai. Un regret pour ce film remarquable et impressionnant.

Dans les années 1850, une femme est kidnappée par des Indiens, et son mari (Patrick Wilson), accompagné du shérif (Kurt Russell) et de quelques courageux (Matthew Fox et Richard Jenkins), part à sa recherche. Une mission de sauvetage classique, à la différence près que les Indiens sont des cannibales troglodytes. Le très beau western devient alors horrifique dans son dernier tiers, avec une scène gore d’une violence insoutenable. Mieux vaut être prévenu.

Les scènes d’horreur sont peu nombreuses mais l’ambiance est inquiétante, poisseuse et anxiogène, et ce, dès l’ouverture. Bone Tomahawk s’ouvre sur deux pillards s’introduisant sur le territoire de ces Indiens… Pour interpréter ces deux cinglés, bientôt morts, Craig Zahler a fait appel à Sid Haig, habitué des films d’horreur et spécialement ceux de Rob Zombie, et à David Arquette, dont la notoriété se résume en deux films, Scream et Arac Attack. Immédiatement, le ton est donné et cette atmosphère particulière ne nous quittera plus…

Le sheriff Franklin Hunt (Kurt Russel) et Tall Trees (Zahn McClarnon) dans Bone Tomahawk de S. Craig Zahler © The Jokers / Le Pacte
Le shérif Franklin Hunt (Kurt Russel) et Tall Trees (Zahn McClarnon) © The Jokers / Le Pacte

Pendant près d’1h30 (sur 2H15 de film), Bone Tomahawk est un authentique western, se déroulant dans les plaines désertiques de l’Ouest américain, entre le Texas et le Nouveau Mexique. Les quatre cow-boys quittent la ville de Bright Hope, sur les traces des ravisseurs. Privilégiant les plans larges, Craig Zahler offre de belles scènes de genre. La chevauchée sauvage, quoi que longue, détaillée et parfois même contemplative, comptera son lot de rebondissements et de dangers. Loin d’être ennuyeuse, elle permet de développer les rapports entre les protagonistes, très bien interprétés, de comprendre leur caractère et de créer une empathie. Le spectateur est ainsi totalement ancré dans l’histoire et partage les douleurs (notamment celle du mari, très blessé avant même la chevauchée), la fatigue et la chaleur écrasante du désert.

Filmé en seulement 21 jours avec un petit budget, Bone Tomahawk est un western remarquable. Le réalisateur, également scénariste, a soigné l’histoire et les dialogues, souvent savoureux, offrant au film quelques scènes proches de la comédie. Malgré le caractère dramatique et l’ambiance angoissante, Craig Zahler donne aux spectateurs des moments de répit et même de légèreté. Simplicité et maîtrise semblent être les maîtres mots du cinéaste, qui préfère se concentrer sur les personnages et l’action, plutôt que sur des plans de caméra extravagants. Les artifices sont absents, les images se suffisent à elle-même.

Publicités

6 commentaires sur « Bone Tomahawk, impeccable western sauvage »

  1. J’ai prévu de le voir dans le cadre de mon cycle du moment consacré aux westerns mais comme j’essaie de respecter une certaine chronologie dans ma liste d’un peu plus de 70 films, je verrais celui ci vers la fin. J’en attends beaucoup en tout cas car j’en entend que de bonnes choses, que le projet me fait de l’œil depuis un sacré moment et que j’apprécie énormément Kurt Russel que j’adore voir même lorsque je ne suis pas un grand fan du film ^^

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s