Les petits rats de l’Opéra d’Astrid Éliard

Le troisième roman de la journaliste Astrid Éliard embarque le lecteur dans le monde de la danse, des tutus et des collants de l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris, où vivent et s’entrainent de jeunes élèves, peut-être futures étoiles. Danser, roman d’apprentissage, suit le quotidien de trois d’entre eux, Delphine, Chine et Stéphane, petits rats passionnés et volontaires.

Chaque année, l’École de Danse de l’Opéra de Paris accueille plus d’une centaine de jeunes âgés de 8 à 17 ans. Danser, c’est le rêve de leur vie. C’est celui de Delphine, jeune adolescente, imaginée par Astrid Éliard. Son personnage est jeune mais déjà si sûre d’elle : elle le sait, elle deviendra une étoile, même si elle doit faire de nombreux sacrifices. Danser suit son parcours, ainsi que celui de deux autres camarades passionnés Chine et Stéphane. Grâce à la narration à la première personne, l’auteure se plonge dans leurs méandres adolescents et leurs aspirations.

Pour ce roman, la journaliste à du se remémorer sa jeunesse et son expérience de danseuse classique. Elle se met dans la peau de ces trois jeunes, venus de différents endroits, de différents milieux. Avec beaucoup de justesse, elle se concentre sur les motivations qui les ont poussé à quitter leur famille, si tôt. Si l’auteur n’oublie ni leurs craintes, ni leurs espoirs, elle se concentre essentiellement sur leur cadre familial, qu’il soit absent pour Chine, équilibré pour Delphine et compliqué pour Stéphane.

Les démonstrations de l'École de Danse de l'Opéra National de Paris : cours d’expression musicale – 5ème et 6ème divisions © Francette Levieux / Opéra national de Paris
Les démonstrations de l’École de Danse de l’Opéra National de Paris : cours d’expression musicale – 5ème et 6ème divisions © Francette Levieux / Opéra national de Paris

« La danse est dure, ingrate »

A l’internat, les parents de Delphine lui manquent mais elle se rattache à une idée : d’autres sont passés par là. Abandonner ? Elle y pense peut-être un peu : « Certaines voulaient tout abandonner, pour retrouver leur « vie d’avant ». Aujourd’hui, elles sont coryphées, sujet, première danseuse. Ces mots ne consolent pas toujours, la danse est dure, ingrate, elle te dit qu’il ne faut pas courir dans le jardin (parce que tu peux tomber et te blesser), elle te demande de faire attention à ce que tu manges. » Delphine n’est pas la seule à subir ces coups durs et à douter.

Stéphane, un garçon qui danse parmi les filles, c’est difficile à digérer pour son père et ses frères. Astrid Éliard n’évite pas les poncifs mais montre ainsi que les stéréotypes sur la danse classique ont la vie dure : « Mes frères se sont mis à me regarder bizarrement, comme les graines de cresson qu’on fait germer en classe et qu’on surveille chaque matin en espérant que ça finisse par ressembler à une vraie plante. Et puis, un jour, Henri s’est exclamé devant ma mère qui mettait à sécher mon collant sur l’étendage : « C’est pour les pédés ! », et il s’est fait un grand silence. » Malgré ces moqueries, Stéphane a fait le choix de la danse, comme Delphine et Chine.

A travers ces trois personnages, Astrid Éliard entraîne le lecteur dans les coulisses de l’école. Danser est un roman d’apprentissage touchant mais trop superficiel. Si l’écriture est accessible, il aurait aussi bien pu être publié chez une maison d’édition jeunesse que chez Mercure de France. Les narrateurs sont bien sûr attachants mais leur caractère manque encore d’approfondissement, faute sans doute à la longueur du roman, seulement 180 pages. Un roman sur les adolescents, pour les adolescents.

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5 commentaires sur « Les petits rats de l’Opéra d’Astrid Éliard »

  1. J’ai toujours été captivé par le milieu de la danse (même si je ne pratique pas la danse classique, je préfère les genres plus moderne ^^) et j’adore tous les reportages sur ce sujet. Peut-être que ce livre pourrait bien me plaire, j’aime l »idée de suivre plusieurs personnages et les suivre dans ce milieux avec les rêves, espoirs et difficultés …

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  2. Je l’ai fini il y a quelques temps et je dois dire que je partage ton ressenti. Il y a comme un goût d’inachevé, à mon sens, comme si le roman s’arrêtait au moment où les personnages étaient bien posés et où il allait se passer des choses ! Alors bien sûr, ça sert le propos, cette interruption brutale, mais je pense que le message serait passé avec un ou deux rebondissements de plus.
    A côté de ça, je pense que tous ceux qui s’intéressent au sujet trouveront de jolis passages. Et comme ça se lit très vite… 🙂

    Aimé par 1 personne

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