« X-Men : Apocalypse » : des mutants à bout de souffle

Merci à Simon pour sa contribution à ce blog. En espérant que cet article soit le premier d’une longue série !

Difficile de passer après les réussis X-Men : Le Commencement et X-Men : Days of Future Past. Entamant de nouvelles aventures inédites, les deux opus avaient su rebondir sur une première trilogie entachée par une conclusion catastrophique (L’Affrontement Final de Brett Ratner en 2006). Coup du sort, X-Men : Apocalypse se révèle être à son tour un troisième volet plus faible et ce, malgré un casting quatre étoiles (Jennifer Lawrence, James McAvoy, Michael Fassbender). Ou comment commettre les mêmes erreurs à dix ans d’intervalle… Loin de faire unanimité auprès des critiques, le film s’impose difficilement au box-office mondial. Le glas d’une franchise ? Réponses avec quelques spoilers.

Au début des années 2000, les X-Men de Bryan Singer régnaient en maîtres avec les Spider-Man de Sam Raimi. Précurseurs, les mutants du Professeur Xavier avaient su séduire un large public malgré quelques partis-pris discutables sur certains personnages : l’omniprésence de Wolverine aux dépens de Cyclope ou d’Iceberg ou encore l’absence de figures emblématiques comme Gambit. Bien qu’imparfaite, la saga n’a jamais déçu. Du moins jusqu’en 2006. Singer délaisse les mutants pour se consacrer au kryptonien Clark Kent dans Superman Returns (2005).

Le projet d’X-Men 3 atterrit alors dans les mains du « yes-man » Brett Ratner, auteur des comédies d’actions grand public Rush Hour. La suite est bien connue : X-Men : l’Affrontement Final est un carton au box-office mais une déception totale pour les puristes et amateurs des mutants. Sorti en 2006, le film se trouve surtout à un carrefour déterminant pour le genre. Un an auparavant, Batman Begins marquait la résurrection inespérée du chevalier noir ; deux ans après, Iron Man devient un succès critique et commercial. Alors que le premier sera le précurseur de films plus adultes (The Dark Knight, The Watchmen), le second ouvrira la voie à un genre familial et léger.

Des mutants dépassés par la concurrence ?

Une décennie plus tard, les studios Marvel Cinematographic Universe (MCU) explosent avec le triomphe des Avengers en 2012. Les super-héros décomplexés séduisent les spectateurs (Les gardiens de la galaxie en 2013, Ant-Man en 2015 ou encore Deadpool en 2016) et les studios DC Comics mettent les bouchées doubles (Man of Steel en 2013, Batman vs Superman en 2016 et prochainement Suicide Squad et Justice League). Un contexte concurrentiel plus que propice pour le retour des mutants. En 2011, le britannique Matthew Vaughn (Layer Cake, Kick Ass) est alors choisi par la Twentieth Century Fox pour relancer la franchise.

Dans "X-Men : Le Commencement", Michael Fassbender et James McAvoy incarnent respectivement le nouveau visage de Magnéto et du Professeur X. Copyright Twentieth Century Fox France
Dans « X-Men : Le Commencement », Michael Fassbender et James McAvoy incarnent respectivement le nouveau visage de Magnéto et du Professeur X. Copyright Twentieth Century Fox France

Le résultat ? X-Men First Class est un succès critique et public et devient le nouveau chouchou des fans. Plus fidèle à l’esprit des comics Marvel – le film se déroule dans les années 60, date de naissance des comics -, cette nouvelle mouture misait sur de nouveaux personnages avec à la clé des vrais costumes, un ancrage historique solide et un savant mélange de scènes légères, dynamiques et plus graves. Une tabula rasa  inespérée et salvatrice pour nos super-héros.

En 2014, Bryan Singer retrouve ses protégés et relève haut la main le pari risqué des voyages temporels avec Days Of Future Past. Gommant les défauts des épisodes précédents, le réalisateur américain réunit la première et la seconde génération et fait au passage un joli pied de nez au long métrage de Ratner (le Professeur Xavier est toujours vivant et Jean Grey est sauvée). Certains diront que la réussite du film tient du scénario signé à nouveau par Matthew Vaughn, parti réaliser Kingsman. Une belle manière de montrer aux spectateurs que les X-Men avaient encore de nombreuses histoires à raconter.

X-Men vs Dieu

La nouvelle aventure des mutants s’annonçait donc épique et riche en promesses. Baptisé Apocalypse, ce sixième long-métrage nous plonge alors dans l’affrontement entre les protégés du Professeur Xavier (James McAvoy) et En Sabah Nur dit Apocalypse (Oscar Isaac), le plus ancien et puissant des mutants. Vénéré comme un Dieu dans l’Égypte Ancienne, il a accumulé des pouvoirs qui l’ont rendu pratiquement invincible et immortel. Plongé dans un sommeil forcé par des adorateurs effrayés par son pouvoir, Apocalypse se réveille en 1983 et découvre un monde alors dominé par des querelles entre superpuissances mondiales et la pop-culture.

Apocalypse (Oscar Isaac). Copyright Twentieth Century Fox France
Apocalypse (Oscar Isaac). Copyright Twentieth Century Fox France

Furieux d’avoir été oublié et bafoué par les humains et ses pairs, le mutant décide de réunir ses quatre cavaliers de l’Apocalypse : les jeunes Tornade (Alexandra Shipp), Angel (Ben Hardy), Psylocke (Olivia Munn) et un Magnéto (Michael Fassbender) plus désabusé que jamais. Son objectif ? Exterminer la race humaine pour établir un ordre mondial régi par les mutants les plus puissants. Pour sauver la planète, le Professeur Xavier et Mystique (Jennifer Lawrence) vont alors prendre la tête d’un commando composé entre autre par les jeunes de Cyclope (Tye Sheridan), Jean Grey (Sophie Turner), Diablo (Kodi Smit-McPhee) et Quicksilver (Evan Peters) sans oublier le fidèle Fauve (Nicolas Hoult)

Le premier problème d’X-Men : Apocalypse ne réside pas forcément dans son histoire que l’on pourrait résumer sur un post-it mais dans son équilibre même. Habitué au film de super-héros choral, Bryan Singer ne parvient pourtant pas à faire exister tous ses protagonistes dans cette apocalypse longue de 2h27. Si les vétérans, Lawrence, McAvoy et Fassbender continuent de livrer des prestations convaincantes et sincères, les petits nouveaux sont vite relégués au second-plan voire sacrifiés.

Un grand méchant insignifiant…

À commencer par Apocalypse en personne. Noyé sous une tonne de maquillage et une armure digne des meilleurs épisodes des Power Rangers, Oscar Isaac peine à faire exister l’un des plus grands méchants jamais affrontés par les X-Men. Une figure emblématique dans les comics qui fut à l’origine d’un cross-over sombre et pessimiste intitulé L’Ère Apocalypse publié en 1995. À l’écran, l’écriture du personnage n’est malheureusement pas à la hauteur de ses pouvoirs. Ses motivations et son plan n’impressionnent guère plus que sa taille (le premier mutant est originellement dessiné comme un colosse de plus de deux mètres). Apocalypse rejoint ainsi la liste déjà longue des antagonistes insipides des films de super-héros.

Les jeunes Jean Grey (Sophie Turner) et Cyclope (Tye Sheridan). X-Men : Apocalypse. Copyright Twentieth Century Fox France
Les jeunes Jean Grey (Sophie Turner) et Cyclope (Tye Sheridan). X-Men : Apocalypse. Copyright Twentieth Century Fox France

Angel et Psylocke n’ont droit au mieux qu’à trois répliques tandis que les personnalités et les origines de Tornade et Diablo sont à peine esquissées. Jubilee (Lana Condor), personnage héroïne phare dans la série animée X-Men des années 1990 fait office de figuration. Plus chanceux, le couple naissant Jean Grey et Scott/Cyclope relève un peu le niveau. Pour la première fois, le spectateur assiste à une origin story plutôt fidèle sur les deux futurs leaders des X-Men. Si Sophie Turner s’en sort à merveille dans le rôle de la télépathe rousse dépassée par ses pouvoirs, son partenaire Tye Sheridan parvient difficilement à rendre le personnage de Scott attachant et juste.

… mais un Quicksilver toujours vif

Ajoutés à cette frustration, plusieurs éléments des comics sont passés sous silence. Le lien filial entre Diablo et Mystique est éludé tandis que la romance tourmentée de Psylocke et Angel se résume par un simple échange de regards. Ces aspects secondaires auraient pu étoffer la mythologie X-Men et apporter une profondeur dramatique aux interactions entre les personnages. Au lieu de cela, les méchants et les gentils s’affrontent sans trop se poser de questions. Dans les comics, Apocalypse contrôlait mentalement ses cavaliers; dans le film, ces derniers se laissent convaincre comme s’ils étaient dénués de toute conviction, de toute motivation (à l’exception de Magnéto).

Mystique (Jennifer Lawrence) prend sous son aile le jeune Quicksilver (Evan Peters). Copyright Twentieth Century Fox France
Mystique (Jennifer Lawrence) prend sous son aile le jeune Quicksilver (Evan Peters). Copyright Twentieth Century Fox France

Une fois encore, le charismatique Quicksilver interprété par Evan Peters vole la vedette. Bryan Singer offre à nouveau une scène à la fois drôle et spectaculaire au fils de Magnéto. Alors que le manoir des mutants est sur le point d’exploser, Vif d’Argent arrive à point nommé pour sauver un à un les résidents de l’école, le tout au son de Sweet Dreams d’Eurythmics. Certes, la dite-scène n’est qu’une réplique XXL sans surprise de l’évasion de Magnéto dans Days of Future Past mais reste très efficace. L’occasion d’enterrer un peu plus la version policée de Joss Whedon dans Avengers 2 : l’ère d’Ultron. Pour rappel, Quicksilver est également présent dans le film de Whedon sous les traits d’Aaron Taylor-Johnson. Mais pour des raisons de droits d’auteur (les Avengers appartiennent aux studios Marvel/Disney et les X-Men à la Twentieth Century Fox), l’affiliation du Vif d’Argent et de sa sœur la Sorcière Rouge au groupe des mutants ne pouvait être permise.

Une chronologie chaotique

L’autre grande faiblesse d’X-Men : Apocalypse réside dans le choix de Bryan Singer de se concentrer principalement sur une confrontation purement manichéenne au détriment de son ancrage historique. Alors qu’X-Men : Le commencement offrait une version inédite de la Guerre Froide et du débarquement de la Baie des Cochons, X-Men : Days of Future Past se concentrait sur les années 1970 avec comme trame de fond les accords de Paris. Pour ce nouveau film, les références aux années 1980 se limitent à la culture (Le Retour du Jedi pour le cinéma, la borne d’arcade Pac-Man pour les jeux vidéos…) et délaissent le potentiel géopolitique (la fin de la Guerre Froide pour faire écho au Commencement ou encore le lancement du projet « guerre des étoiles » par Ronald Reagan par exemple).

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Toujours empli de haine envers les mutants, William Stryker (Josh Helman) fait son grand retour (surprise). Copyright Twentieth Century Fox France

Parallèlement, le film malmène la cohérence et la chronologie de la saga et livre peu de réponses à nos questions. En témoigne la fin d’ X-Men : Days of Future Past passée à la trappe : Mystique, sous l’apparence de William Stryker (Josh Helman), repêchait le corps de Logan/Wolverine pour des motivations inconnues. Dans Apocalypse (donc dix ans plus tard), cet arc narratif se retrouve éludé et le spectateur retrouve le mutant aux griffes retenu prisonnier par le véritable Stryker. Un caméo maladroit qui ne fait office que de simple « fan service ». Vous avez dit « confus » ?

Jusqu’ici judicieux, les sauts temporels de chaque opus (années 60 pour First Class, années 70 pour Days Of Future Past) ne deviennent alors qu’un prétexte à des facilités scénaristiques. À défaut d’explications, Singer préfère nous resservir une fois encore la relation conflictuelle entre Charles Xavier et Erik, les doutes de Mystique tiraillée entre une position de leader et de marginale…Par ces choix, X-Men : Apocalypse finit donc par stagner et se contente de reprendre grossièrement des scènes et des enjeux déjà-vus.

Un acte final fainéant

Ce sentiment de médiocrité se prolonge jusque dans un dernier acte inachevé et vite expédié. Une surenchère d’effets visuels parfois disgracieux, des affrontements paresseux prouvent une fois de plus que Bryan Singer s’en sort mieux dans l’exposition de ses personnages que dans leur mise en action. La confrontation peine à décoller et souffre en partie d’une mise en scène impersonnelle.

Jean Grey (Sophie Turner) prête à en découdre avec Apocalypse. Copyright Twentieth Century Fox France
Jean Grey (Sophie Turner) prête à en découdre avec Apocalypse. Copyright Twentieth Century Fox France

Seules les dix dernières minutes brisent la monotonie du métrage et réveillent tardivement le spectateur de son ennui. Dans une séquence plutôt réussie, le Professeur Xavier, fait appel aux pouvoirs de Jean Grey pour combattre Apocalypse. La jeune télépathe libère alors toute sa puissance et finit par s’embraser tel un phénix. Impressionné par la jeune mutante, l’ennemi finira par déclarer dans un dernier souffle : « tout est révélé. » (emprunté au grec apocalypsis, « apocalypse » signifie littéralement « le voile est levé »). La scène, que les puristes jugeront certainement prématurée dans la chronologie de la saga et le développement de Jean Grey, serait­-elle annonciatrice d’un traitement fidèle du Phénix Noir ? Connue pour prendre possession et décupler les pouvoirs de Jean Grey, cette entité cosmique avait déjà souffert d’un mauvais traitement dans L’Affrontement Final de Brett Ratner.

En définitive, le film de Bryan Singer souffre du même syndrome que le reboot des 4 Fantastiques : celui de traiter le genre « super-héros » avec dix ans de retard. Très bavard et sans prise de risques dans sa narration, le dernier volet ne laisse pas un souvenir impérissable. Au sortir de la projection du Retour du Jedi, le personnage de Jean Grey affirme que « le troisième film est toujours le plus mauvais ». On ne pouvait rêver meilleure autocritique.

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10 commentaires sur « « X-Men : Apocalypse » : des mutants à bout de souffle »

    1. La saga X-Men est passionnante sur le papier comme à l’écran ! Entre les différentes réalités, les voyages dans le temps et les « cross-over » avec d’autres super-héros, on découvre sans cesse des anecdotes ou des connexions surprenantes. 🙂
      Et oui, le film m’a surtout donné envie de revoir les films précédents. D’ailleurs, tu pourrais te laisser tenter par le director’s cut d’ X-Men : Days of Future Past, qui lève en partie le voile sur le personnage de Malicia (Anna Paquin), absente dans la version cinéma raccourcie. Complètement délaissée dans « X-Men : l’Affrontement Final », elle est au centre d’une mini-intrigue plutôt plaisante !

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  1. Je suis d’accord avec cette critique… Ce troisième opus m’a en plus totalement perdue dans la chronologie que je trouvais déjà bien brouillonne… J’ai relevé plusieurs incohérences dont l’une bien fâcheuse qui est l’arrivée de Tornade… Il est mentionné dans l’un des films (je ne sais plus lequel) qu’elle était là dès la fondation de l’école… Bon, je peux admettre l’entorse scénaristique. Idem pour Wolverine, ça me paraît curieux de le voir ici… Mais ça m’a donné envie d’aller voir les comics pour me retrouver dans l’histoire.

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    1. En effet, l’histoire de Tornade dans “X-Men : Apocalypse” ne colle pas avec celle de la première trilogie. Le bouleversement chronologique de “Days of Future Past” peut expliquer cette différence majeure mais ça reste une zone d’ombre de plus dans la longue liste des incohérences de la saga.
      N’hésite pas à te lancer dans la lecture des comics. L’anthologie “Nous sommes les X-Men” qui vient d’être récemment rééditée est un excellent point d’entrée. Il existe aussi des intégrales ou des compilations concentrées sur les origines des personnages clés du groupe. Sinon les versions comics d’ “X-Men : Days of Future Past” (dans laquelle c’est Kitty Pride elle-même qui voyage dans le temps et non Wolverine) ou “L’Ère d’Apocalypse” restent accessibles pour se faire une idée des différences.😉

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  2. Super ta chronique!! Jolie analyse même si je n’ai pas encore vu le film ^^ En tant que fan de Marvel, j’irais bien sur dans les salles obscures découvrir ce nouvel opus 😉 Même si je ne l’ai pas encore vu, je comprends tes points négatifs, il y a tellement de film de supers héros qui sortent en ce moment qu’on a l’impression que chacun cherche à faire la concurrence à l’autre au détriment du continu et des comics de base, c’est dommage …

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    1. Oui la concurrence est rude cette année ! En 4 mois, on a eu 4 grosses superproductions (« Deadpool » en février, « Batman vs Superman » en mars, « Civil War » en avril et « X-Men : Apocalypse ») avec à chaque fois des propositions différentes (et parfois ambitieuses , qu’on aime ou pas d’ailleurs. Passer en  » petit dernier » de la saison n’a peut-être pas rendu service aux mutants.
      Mais je te laisse le découvrir et juger par toi même ! 🙂

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  3. Je l’ai vu et il est moins bon que les deux premiers mais j’ai tout de même passé un bon moment ciné. Vrai que trop de films de super héros ça tuent le genre, mais quand on a un filon à Hollywood on y va à fond jusqu’à épuisement (cf. star wars par exemple). Sinon l’article comme à chaque fois sur ce blog est une mine d’informations et est vraiment très bien écrit ! Bonne soirée 🙂

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    1. Merci ! 🙂
      En effet, les super-héros ont le monopole à Hollywood. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter : plus 18 films sont à prévoir jusqu’en 2020 pour les studios Marvel et plus de 9 films pour DC Comics. Overdose ?

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    1. Merci c’est gentil ! 😉
      Ne reste plus qu’à espérer que Bryan Singer, son équipe et les studios Twentieth Century Fox rectifient le tir pour le prochain opus !

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