Prête à tout : le quart d’heure de gloire

En 1995, le réalisateur Gus Van Sant adapte Prête à tout, écrit deux ans plus tôt, par Joyce Maynard. Les éditions Philippe Rey viennent de rééditer cette pépite l’an passé, l’occasion de s’y (re)plonger et de (re)voir le film ! La Cinémathèque Française organise justement une Exposition Gus Van Sant du 13 avril au 31 juillet 2016. A ne pas louper.

A la lecture de Prête à tout, quiconque se sera d’abord plongé dans le long-métrage ne pourra imaginer nulle autre que Nicole Kidman dans le rôle de l’héroïne, Suzanne Maretto. La romancière Joyce Maynard elle-même, faisait dire à son personnage « J’aimerai que Julia Roberts joue mon rôle. Ou bien cette actrice qui vient d’épouser Tom Cruise dans la vie… j’ai oublié son nom ». Gus Van Sant l’exauce deux ans plus tard.

L'écrivaine Joyce Maynard et son roman Prête à tout, publié aux Editions Philippe Rey © Babelio
L’écrivaine Joyce Maynard et son roman Prête à tout, publié aux Editions Philippe Rey © Babelio

Suzanne a la vingtaine et est l’épouse de Larry. Son rêve ? Percer à la télévision, mais son mari devient un obstacle qu’il faudrait faire disparaître. Elle séduit une bande d’adolescents minables – Russel, Jimmy et Lydia – pour qu’ils fassent le sale boulot à sa place. Suzanne pourrait ainsi poursuivre son rêve… Une folie dont se délecte Joyce Maynard qui pointe les ridicules effets de la télévision sur notre société, dressant au passage une satire du culte de la célébrité : « Voilà pourquoi j’ai toujours rêvé de faire de la télévision. Cela fait ressortir ce qu’il y a de meilleurs en vous. Tant que vous êtes à la télé, il y a toujours quelqu’un pour la regarder » fait-elle dire à son héroïne.

Avec Prête à tout, Joyce Maynard décrit avec justesse les désirs et les frustrations de la jeunesse américaine paumée. Tout particulièrement ceux de Jimmy Emmet, parfait bouc-émissaire aux yeux des autres : « C’est pas la première fois que j’entends des gens faire allusion au milieu d’où vient mon fils. Toute sa vie les gens lui ont dit, d’une façon ou d’une autre, qu’il pouvait rien lui arriver de bien dans la vie, vu qu’il était pas né dans le bon environnement ? Comme disait le psychologue : compte tenu de son milieu, il pouvait que mal finir. Et si ça finit toujours mal, c’est à cause des gens qui répètent tout ça justement. »

Jimmy Emmet (Joaquin Phoenix) et Suzanne Maretto (Nicole Kidman) dans l'adaptation de Gus Van Sant © D.R. Allociné
Jimmy Emmet (Joaquin Phoenix) et Suzanne Maretto (Nicole Kidman) dans l’adaptation de Gus Van Sant © D.R. Allociné

La romancière dresse le portrait d’une femme téméraire et sûre d’elle, par le biais de témoignages au style parlé et familier. Prête à tout multiplie les chapitres courts dans lesquels Joyce Maynard devient tour à tour Suzanne Maretto, Jimmy Emmet, Lydia Mertz ou encore Carol Stone, la mère de Suzanne. C’est d’ailleurs elle qui ouvre le bal : « Juste pour mieux vous faire comprendre Susie. La battante qu’elle était depuis toujours ». Autant de confessions réalisées après la mort de Larry. Devenue la principale suspecte, Suzanne Maretto, la vingtaine ambitieuse et narcissique, a finalement connu son quart d’heure de gloire.

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4 commentaires sur « Prête à tout : le quart d’heure de gloire »

    1. Le livre se dévore, il est si prenant ! Nicole Kidman dans le rôle de Suzanne est très douée. J’ai vu le film avant de lire le roman donc mon regard est peut être un peu biaisé !

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