Room : le petit monde de Jack

Jack est un petit gars de 5 ans plein de vie. Il partage une chambre avec sa maman Joy, sans savoir que le monde est bien plus vaste que ces 5 mètres carrés. Brie Larson (oscarisée pour ce rôle) et Jacob Tremblay sont justes et touchants, dans ce Room, réalisé par Lenny Abrahamson. 

Entre quatre murs, Jack (Jacob Tremblay) est enfermé depuis sa naissance. Du haut de ses 5 ans, il appréhende le monde qui l’entoure avec enthousiasme. Le jour se lève et il salue Madame Lucarne, Monsieur Lavabo, Madame Lampe… et la vie suit son cours dans ces quelques mètres carrés. Le soir venu, il se cache dans Madame Garde-robe car Vieux Nick ne va pas tarder à venir voir sa maman « Ma » (Brie Larson). À son départ, Jack rejoint le lit de sa mère et la nuit passe, ensemble.

Room, adapté du roman d’Emma Donoghue, adopte le point de vue de Jack, cet enfant aux allures de petite fille, né du viol de Joy et de son ravisseur Vieux Nick (Sean Bridgers). Jack l’ignore, sa mère préférant lui faire croire que le monde se limite à ces quatre murs. La télévision n’est pas la réalité, la nourriture est apportée par magie et la « room » est entourée par l’espace. Bientôt sa mère lui apprend la vérité « car il est grand désormais » et le stratagème pour s’échapper prend forme.

Jack (Jacob Tremblay) dans Room de Lenny Abrahamson © Universal Pictures
Jack (Jacob Tremblay) dans Room de Lenny Abrahamson © Universal Pictures

Immergé pendant 45 minutes dans ce monde parallèle, le spectateur est aussi étourdi que Jack à la découverte du « dehors ». Le plan de sa mère a marché et les voilà confrontés au monde extérieur. Mais comment passer d’une vie à deux, totalement dépendants l’un de l’autre, à la vraie vie ? « Jack n’est à personne sauf à moi » avoue Joy, qui aura bien du mal à appréhender la réalité.

Lenny Abrahamson, à la réalisation et Emma Donoghue, au scénario, se penchent justement sur cette problématique. Room n’est pas une enquête policière mais un drame centré autour de la relation de Joy et de son fils : comment réussir à vivre en dehors de la cabane, qui régissait leur relation.

Jack (Jacob Tremblay) et sa maman Joy (Brie Larson) dans Room de Lenny Abrahamson © Universal Pictures
Joy (Brie Larson) et son fils Jack (Jacob Tremblay) dans Room de Lenny Abrahamson © Universal Pictures

Désormais, Joy fait face aux médias, aux jugements (« Avez-vous pensé à demander à votre ravisseur d’emmener Jack ailleurs? » lui demande une journaliste) et même au rejet de son père (William H. Macy), sans doute démuni face à cet enfant qu’il ne reconnaît pas. Room explore la psychologie de ces deux héros, interprétés avec brio par Brie Larson et le tout jeune Jacob Tremblay. Jamais la caméra de Lenny Abrahamson ne les quitte, s’en tenant toujours au point de vue de Jack.

Room n’oublie pas que la libération n’est pas nécessairement synonyme de liberté. La « room » continue de hanter Joy mais ce n’est que bien plus tard que les deux héros prendront le temps de revenir sur les lieux de leur séquestration. Que d’effroi à la découverte de cette cabane de jardin cachée derrière la maison du ravisseur. Comment cet enfer a-t-il pu être réel ? « C’est la chambre ? Est-ce qu’elle a rétréci ? » Même Jack n’en revient pas.

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