20 danseurs pour le XXe siècle : entre grandeur et frustration

Mardi soir, Boris Charmatz et le Musée de la Danse lançaient le coup d’envoi de leur nouvelle création artistique : 20 danseurs pour le XXe siècle. Une soirée réservée à la jeunesse grâce à la très bonne initiative du maître des lieux Benjamin Millepied. Une heure et demie de danse contemporaine dans un lieu magique, et pourtant non sans déception.

Boris Charmatz lui-même accueille cette jeunesse venue découvrir en avant-première et à un prix attractif son nouveau spectacle. Connu notamment pour être un des leaders de la non-danse et collaborateur d’Anne Teresa de Keersmaeker, je ne peux que l’écouter lorsqu’il conseille d’aller découvrir la danse cabaret dans la rotonde du rez-de-chaussée de l’Opéra Garnier. Le public assiste à cette performance, d’abord debout et timide, tant la démarche artistique est novatrice.

L'étoile Benjamin Pech © Ann Ray/Opéra national de Paris
L’étoile Benjamin Pech © Ann Ray/Opéra national de Paris

Pas de scène unique pour les 20 danseurs : au contraire, chacun prend possession de ce lieu exceptionnel et les spectateurs sont amenés à vagabonder à la découverte de ces artistes qui recréent ensemble un panorama de la danse contemporaine, de ses prémices avec Isadora Duncan au mambo de Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme. Comme il est impossible d’être partout à la fois et que le temps de la représentation est bien trop court, il faut faire des choix. Mes impressions sont biaisées puisque sur la totalité des danseurs, je n’aurai la chance d’en voir seulement une dizaine.

Nous voici donc devant Pascal Aubin qui enchaîne le music-hall, puis les chorégraphies de Jerome Robbins et de Pina Bausch. Au même endroit, deux autres danseurs se succèdent dont le brillant Benjamin Pech, danseur étoile, qui interprète avec brio L’Après-midi d’un faune de Vaslav Nijinski. Au bout de plus d’une demi-heure, le danseur termine sur Good Boy, d’Alain Buffard, performance solo déstabilisante.

Alexandra Cardinale danse
Alexandra Cardinale danse « La Bayadère » © François Guillot/AFP

Il est alors temps de partir à la découverte des autres pièces. En tout, les 20 danseurs livrent 80 interprétations. Malheureusement, tout ne s’enchaîne pas en même temps, et faute de place, difficile de voir certaines danses. Alors on se ballade dans ce lieu mythique et l’on s’arrête lorsqu’un danseur commence : Sofia Parcen interprète Charlie Chaplin, puis Joséphine Baker ; Yann Saïz reprend Carolyn Carlson, Grégory Gaillard, La danse de la sorcière de Mary Wigman, Samuel Murez réinvente les cartoons de Tex Avery… Je n’en verrai pas plus. « 20 danseurs pour le XXe siècle » promettait pourtant du kramp, du disco, du Balanchine et bien d’autres merveilles.

Cette promenade dansée, aux allures de musée de la danse, mériterait d’être refaite chaque soir de représentation pour tout voir et revoir. Comme nous, Benjamin Millepied et Boris Charmatz déambulent, profitent du spectacle, s’assoient autour des danseurs. Ils se rendent sans doute compte de notre émerveillement, mais peut-être pas de notre frustration…

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