Wet Hot American Summer : humour déçu

Tellement bête qu’il en serait devenu culte, le film Wet Hot American Summer, sorti en 2001, reste toujours inédit en France. Pourtant nombreux attendaient la série, produite par Netflix. Ce First Day of Camp, aussi absurde que déluré, ne parvient pas à convaincre ni à se hisser plus haut que les séries qu’elle affirme parodier. 

L’histoire se déroule en 1981 : une joyeuse bande d’animateurs, âgés de 16 ans (mais interprétés par des acteurs de 40 ans), accueille comme chaque année, des enfants en camp d’été à la colo Firewood.  La série Wet Hot American Summer retrace le jour de l’arrivée, alors que le film racontait la fin. Une journée au cours de laquelle vont se mêler flirts adolescents, querelles de voisinage, conspirations au sommet de l’état, comédie musicale, journalisme et rock’n’roll. Des histoires trop faciles, absurdes et qui en plus se déroulent sans jamais se croiser, à de rares exceptions.

Les jeunes de la colo Firewood. © Saeed Adyani/Netflix
Les jeunes de la colo Firewood. © Saeed Adyani/Netflix

Chaque personnage a son histoire personnelle : difficile alors de toutes les évoquer. Au summum du ridicule, WHAS First Day of Camp met en scène un complot gouvernemental. Le directeur de la colonie, faute d’argent, accepte que le gouvernement déverse des déchets toxiques dans la forêt du camp Firewood. Il s’y noie et se transforme alors en boite de conserve. Le choc est rude pour le spectateur et l’humour, absent.

Au summum de la gène, le spectateur pourra se réjouir des ridicules scènes d’amour entre les enfants. La série n’oublie pas non plus la vulgarité et les blagues sexuelles qui semblent être une obsession chez les adolescents. WHAS parodie les nanars érotiques, les teenage movies mais sans jamais se hisser au dessus. Un point fort sur la comédie musicale, menée par Susie (Amy Poehler) et Ben (Bradley Cooper), puis par Andy (Paul Rudd) et Katie (Marguerite Moreau). La musique est entraînante et le pastiche très réussi.

Paul Rudd dans Wet Hot American Summer
Andy (Paul Rudd) fait une entrée fracassante dans Wet Hot American Summer © Netflix

Mais, le vrai sujet est donc la sexualité, l’obsession de la première fois. Avoir fait le choix de prendre des acteurs de plus de 40 ans rend-il la thématique plus drôle ? Rien n’est moins sûr. Pourtant, le casting cinq étoiles avait de quoi faire rêver : Bradley, Amy, Joe Lo Truglio, Elisabeth Banks et tant d’autres… Soit une partie du casting originel, pour beaucoup inconnus à l’époque. Seul Paul Rudd sort du lot avec un rôle cliché mais amusant : un rebelle, touché par ses origines sociales. Son entrée fracassante en moto lors du premier épisode, est sans doute l’un des moments les plus drôles.

Wet Hot American Summer est ringarde, dépassée et rarement drôle. Comme The Spoils of Babylon l’an passé, la série déçoit. Les intrigues se démêlent de façon aussi brouillonne et absurde qu’elles sont apparues. Il faudra plus de sérieux et plus de travail scénaristique pour convaincre la prochaine fois. Certes, le plaisir des comédiens d’avoir tourné cette série entre copains, à faire semblant d’avoir 16 ans, à se rouler des pelles et à chanter, est palpable, mais c’est insuffisant.

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2 commentaires sur « Wet Hot American Summer : humour déçu »

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