Wayward Pines ou le complexe de Dieu

Achevée le 23 juillet dernier, la série de Chad Hodge et réalisée par M. Night Shyamalan, n’aura cessé de surprendre les spectateurs. Parfois brouillonne, Wayward Pines s’est pourtant avérée être une bonne surprise, attirant en moyenne aux Etats-Unis, près de 4 millions de téléspectateurs. Décryptage avec spoilers !

A la sortie du pilote, l’enthousiasme et la joie de retrouver deux figures du cinéma américain se mêlaient. Réunir Matt Dillon et M. Night Shyamalan dans un projet aussi mystérieux et fantastique semblait être l’équation parfaite d’un come-back réussi. Quelques semaines plus tard, alors que la série s’est achevée sur un cliffhanger des plus étranges, difficile de conclure sur la nature de Wayward Pines : réussite audacieuse ou essai inachevé ?

Peut-on recréer une humanité après l’extinction quasi totale de notre espèce, questionnent les auteurs de la série ? Apparemment oui, mais il faudra, selon eux, passer par plusieurs étapes : un phase de conditionnement idéologique, de croyance, puis d’enfermement. Wayward Pines traite de ces sujets avec assez de brio, sur fond de récit utopique et de science-fiction.

Ethan Burke (Matt Dillon) et l'infirmière Pam (Melissa Leo) dans Wayward Pines. © Liane Hentscher/FOX
Ethan Burke (Matt Dillon) et l’infirmière Pam (Melissa Leo) dans Wayward Pines. © Liane Hentscher/FOX

Pour rappel, au premier épisode, nous avions laissé l’agent Ethan Burke (Matt Dillon) dans le flou, enfermé dans une inquiétante ville entourée d’un mur infranchissable. Il devait enquêter sur la disparition de deux agents : Bill Evans et Kate Hewson (Carla Gugino). Le premier est retrouvé mort alors que la seconde est mariée et vendeuse de jouets à Wayward Pines, Elle avoue à demi-mot que toute la ville est sur écoute mais Ethan n’en saura pas plus. Pour cause, dans cette ville, la règle est de ne pas évoquer sa vie passée. Impossible alors pour le héros de contacter sa femme Theresa (Shannyn Sossamon) ou son fils Ben (Charlie Tahan).

Au fil des épisodes, le brouillard semblait s’éclaircir. Pourtant, la réussite du scénario de Chad Hodge (adapté de la trilogie éponyme de Blake Crouch) tient dans sa capacité à tromper le spectateur. Après de nombreux rebondissements, quelques morts, la venue (finalement!) de Theresa et de Ben, et surtout l’apparition de créatures dangereuses de l’autre côté du mur, les spéculations les plus folles étaient permises. Etait-ce une société secrète ? Une ville contrôlée par des extraterrestres ?

C’est à la mi-saison, lors de l’épisode intitulé « La vérité » que celle-ci nous est dévoilée. Les héros ne vivent pas en 2015 mais en l’an 4028, alors que la Terre est envahie par des sortes de zombies-mutants, appelés des « Abbies » ou « Aberrations ». La population de Wayward Pines a pu survivre, car elle a été choisie et mise en hibernation, par un docteur, David Pilcher (Toby Jones).

La cérémonie d'entrée de Ben Burke (Charlie Tahan). © Liane Hentscher/FOX
La cérémonie d’entrée de Ben Burke (Charlie Tahan). © Liane Hentscher/FOX

La série questionne alors sur le devenir de l’humanité, ainsi que sur les droits et devoirs de chacun, à travers le personnage de Pilcher. Aveuglé par sa volonté de sauvegarder l’espèce dans sa ville reconstruite, il règne en Dieu auprès de la jeunesse (la « Première Génération »), qu’il endoctrine grâce à l’école. Une identité qu’il cache aux adultes. Wayward Pines dépeint une société utopique, régie par la peur et le contrôle.

Jusqu’au dernier épisode, le doute est possible : l’histoire va presque trop loin et trop rapidement. Wayward Pines explore les doutes et les craintes de ce personnage complexe et interprété avec justesse. Difficile de ne pas se laisser prendre malgré quelques confusions et des personnages secondaires très lisses, à l’image de Kate Hewson et de son mari Harold Balinger (Reed Diamond), censés mener une rébellion, qui verra la mort du leader. L’espoir est permis jusqu’au rebondissement final : une dernière scène en écho à la première. Ben Burke se réveille, trois ans plus tard, dans un monde dirigé par la Première Génération.  Un monde façonné comme le voulait Pilcher, érigé en Sauveur : sans espoir, sans liberté et dans lequel le contrôle des masses est la règle.

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7 commentaires sur « Wayward Pines ou le complexe de Dieu »

  1. J’ai beaucoup aimé les 4 premiers épisodes et puis après on s’ennuie un peu. Quand à une suite, il ne faut pas, ce serait une faute de gout à moins qu’il ne trouve quelques très bon scénaristes.

    Aimé par 1 personne

    1. Figure-toi que j’ai regardé l’épisode 1 de la saison 2 hier soir ! Evidemment, sans Matt Dillon, la série perd beaucoup de son intérêt. Le nouveau scénario est prévisible, avec des acteurs moins charismatiques mais ça reste divertissant…

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