Broadway Therapy : du côté de chez Woody

Quinze années durant, Peter Bogdanovich s’est fait trop rare, du moins sur grand écran. Depuis 2001 avec Un parfum de meurtre, le cinéaste septuagénaire n’était pas revenu à la réalisation pour le cinéma. C’est chose faite cette année avec son Broadway Therapy, haut en couleurs et en extravagances, qui apporte autant de légèreté que d’optimisme.

Il y a dans ce film chorale de Peter Bogdanovich une inspiration allenienne évidente. Dès les premières minutes une musique jazzy résonne et l’on s’attend malgré nous à voir apparaître le fameux générique de Woody Allen. Il n’en est rien et après une introduction animée et colorée, apparait le visage de l’héroïne du film, qui nous suivra pendant près d’une heure trente.

Lors d’une interview, la jeune actrice Isabella Patterson (Imogen Poots) revient sur son parcours : de ses années de call-girl à son ascension dans le milieu du théâtre. Elle raconte sa rencontre avec le célèbre metteur en scène Arnold Albertson (Owen Wilson) qui lui permet de lancer sa carrière. En effet, après l’avoir payé pour ses services, il lui propose 30.000$ contre la promesse qu’elle ne couchera plus jamais pour de l’argent.

Owen Wilson et sa femme dans Broadway Therapy. © Metropolitan FilmExport
Arnold Albertson, sa femme et sa fille dans Broadway Therapy. © Metropolitan FilmExport

S’ensuit une histoire abracadabrantesque : Isabella se retrouve au casting de la pièce d’Arnold, dans laquelle joue déjà sa femme (Kathryn Hahn). Parmi les autres personnages, un ami comédien Seth Gilbert (Rhys Ifans égal à lui-même), l’auteur de la pièce Joshua Fleet (Will Forte, héros de Last Man on Earth) et son amie, la psychologue Jane (Jennifer Aniston). Tous forment un joyeux assortiment de personnalités, souvent par binôme : chacun cherchant son autre.

Alors que Woody Allen a abandonné New York depuis une décennie pour s’évader en Europe, Peter Bogdanovich signe une comédie plutôt réussie dans la ville de tous les possible. Il se joue de ses personnages, les met dans des situations inconfortables et les accable de défauts ou de vices, à l’instar de la psychologue, manquant cruellement de professionnalisme et voyant des névroses partout sans les voir chez elle.

La psychologue névrosée de Broadway Therapy. © Metropolitan FilmExport
Jennifer Aniston en psychologue névrosée dans Broadway Therapy. © Metropolitan FilmExport

Broadway Therapy est un conte de fées new-yorkais doublé d’une comédie à la Feydeau, racontée avec candeur par son héroïne. C’est un vaudeville dans lequel les situations ravissent autant qu’elles sont farfelues. Pourtant, pas de grande surprise dans ce film Broadwaisien par excellence, qui oscille entre situations burlesques et quiproquos. Le film de Peter Bogdanovich est enfin une comédie loquace : Arnold Albertson et sa femme causent tellement que lors d’une scène en taxi, le chauffeur quitte le véhicule en pleine circulation, agacé de ce flot de paroles incessant. Il monte dans un autre taxi, laissant les héros amusés de cette situation. Loufoque, on vous disait. 

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