Hacker de Michael Mann : un cinéma 2.0 ?

Michael Mann aborde dans Hacker le nouvel enjeu du terrorisme mondial : le hacking, immatériel et invisible. Comment réussir à mettre en image ce qui n’est pas visible et donner à voir aux spectateurs les dessous de l’écran ?

Un premier plan sur la planète Terre, un univers de flux, de réseaux, vaporeux et changeant. Près de cinq minutes d’un générique en alerte, au cœur de la machine. Par le biais de techniques et d’effets spéciaux, Michael Mann nous transporte de l’infiniment grand à l’infiniment petit, dans ce monde connecté aux frontières de la réalité. La caméra suit le voyage du virus, symbolisé par des faisceaux lumineux qui conduira bientôt à l’explosion d’une centrale nucléaire à Hong Kong.

Chris Hemsworth et Tang Wei en pleine course poursuite dans Hacker, de Michael MannChris Hemsworth et Tang Wei en pleine course poursuite dans Hacker, de Michael Mann
Hathaway et Lien Chen en pleine course poursuite. © Universal Pictures International France

L’histoire est lancée : à la suite de cette attaque, le capitaine Dawai Chen (Lee-Hom Wang), spécialiste de la défense contre les cyberattaques obtient de collaborer avec les autorités américaines pour arrêter le blackhat, d’après le titre original du film, soit ce hacker mal intentionné. Il réclame la libération d’un ancien camarade, Nicholas Hathaway (Chris Hemsworth), qui s’ennuie dans sa cellule entre pompes et lecture de la French Theory. Avec sa sœur Lien Chen (Tang Wei), ils vont se lancer à la traque des criminels.

Un ennemi invisible et tout puissant

Un film de genre dans lequel Michael Mann y inclut un changement considérable, prouvant qu’il s’inscrit dans notre réalité interconnectée. L’ennemi est devenu un hacker, être invisible, imprenable et tout-puissant. La traque géniale de ce nouveau prédateur conduira les héros des Etats-Unis au continent asiatique, menés par le mystérieux Hathaway. Le cinéaste choisit à raison un acteur qui paraît lui aussi inaccessible, effacé voir invisible. Prévisible, ce héros – s’il faut l’appeler ainsi – tombera amoureux de la sœur du capitaine. Une romance brusque, rapide et gênante qui engendrera de belles scènes haletantes à deux, grâce à la mise en scène virtuose et aux plans rapprochés du cinéaste.

Chris Hemsworth dans Hacker
Nicholas Hathaway dans Hacker de Michael Mann. © Universal Pictures International France

A Hong-Kong ou en Thaïlande, le réalisateur filme la nuit, la jungle urbaine, mais aussi de l’action. Il a pris le parti de ne pas filmer deux heures de codage sur écran. Hacker prend une nouvelle dimension quand les héros sortent de ce carcan pour investir la ville et ses dangers. Courses poursuites et fusillades sont d’un grand réalisme.

La dernière scène d‘action, un jeu d’infiltration grandeur nature, lors d’un carnaval en Thaïlande, fait écho au reste du film : le jeu d’infiltration des hackers par la machine. Il n’existe d’invraisemblances que dans le personnage d’Hathaway, qui prouve être aussi talentueux à son clavier qu’à tuer des gens à l’aide de tournevis. Pourtant, Hacker est d’un réalisme prenant et ambitieux, relevant toutes les singularités de notre monde ultra connecté jusqu’à cette dernière scène finale où les jeunes héros promis à une vie de traque, s’envolent, sous l’œil de la caméra de surveillance. De Citizenfour à Hacker, bienvenue à l’ère des dangers numériques.

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